car les fées Spinoza sont les enfants mâles et femelles camarades en apprentissage à l’école de l’amour révolutionnaire, virgule,

 
 
 

Si vous souhaitez être informé.e.s des publications, vous pouvez vous inscrire à la lettre d’information,
en écrivant à cette adresse : sansattendre[arobase]free[point]fr.

 
 
 
Sommaire :
 
 
I. Autant de fois qu’il sera nécessaire je me souviens.

là,
 
 
II. Que souvent nous considérons des choses présentes comme inexistantes.
 
 
III. Tantôt la vague me gifle, et tantôt elle m’emporte — 2016.

début 2016

mars 2016

octobre 2016

spinozad partout

novembre 2016

décembre 2016
 
 
IV. Servitude 2017.

mars 17

avril 17

mai 17

aux ami.e.s lapines et lapins

juillet 17

août 17

septembre 17

octobre 17

novembre 17

décembre 17
 
 
V. Avons par conséquent le pouvoir de faire en sorte d’avoir moins à subir.

janvier 18

février 18

mars 18

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Publicités

mars 18

 
 
 

1er mars 18

nous parlons avec Laurent, lui du côté du bois de Vincennes, moi dans le bureau côté rue à Nantes, il fait très froid dehors, nous ne nous sommes pas parlé depuis très longtemps, je lui parle de ce que Lake m’a raconté à propos de ce qui se passe sur la zad actuellement, et dont on peut avoir idée en lisant des textes publiés , , , , , , et encore ailleurs, je pense à ces récits et les met en lien avec le travail sur le pouvoir que Laurent mène avec, non pas avec, mais quoi, à propos de ? Édouard Philippe,

Florence, Dominique, Fred, « perdre, c’est abandonner du monde en route », Macron, Pierre et le loup et « les jeudis de l’Élysée », Macron, Poutine, Trump…
 
 
 
 
 
2 mars 18

au téléphone Nathalie me parle du traité de Corbeil puis elle dit « j’arrive, j’arrive » à quelqu’un avec qui elle va partir en voiture, je lui propose qu’elle me rappelle quand elle souhaite,

12:55
Donald J. Trump
‏Compte certifié @realDonaldTrump
1 h
il y a 1 heure
When a country (USA) is losing many billions of dollars on trade with virtually every country it does business with, trade wars are good, and easy to win. Example, when we are down $100 billion with a certain country and they get cute, don’t trade anymore-we win big. It’s easy!
5 164 réponses
3 405 Retweets
12 618 j’aime

Yahya et Omar, une méthode de français, tous les trois dans le salon,
 
 
 
 
 
7 mars 18,

vers 7 heures ce matin commence l’expulsion du château du Tertre et du bâtiment Censive à l’université de Nantes

hier soir à Paris un banquier écoute un requiem qu’il a commandé afin de « soigner par une catharsis l’extrême peine » que lui a infligée François Fillon lors de la présidentielle 2017,
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

février 18

 
 
 

Puis nous avons pris la route vers les hauts plateaux jusqu’à la forêt des Mille Fé. Là on s’est retrouvé avec les brothers et les sisters de l’école. Amour révolutionnaire. Deux mots qui voudraient accompagner des manières d’être offensives et accueillantes. C’est un travail monstre et comment faire pour que le monstre ou les monstres qui se formeront par cette école ne soient pas des monstres dévorants. Je te raconterai ce séjour dans les détails bientôt. Là aujourd’hui on est rentrées à Nantes après avoir passé une journée à la zad samedi dans la boue et les amies. Dans la boue et les amies. Le samedi soir, on est pas restées longtemps dehors, on est rentrées à la casa et on était cinq dans la grande pièce du bas, on se parlait avec douceurs, non, pas, plutôt avec vigueurs oui et si douceurs il y avait elles émanaient de l’attention portée à ce que chacune disait — quand le silence n’est pas se taire mais écouter. Arnolda, Ernesto, Léa, Nadi, Soepi. École de l’amour révolutionnaire. Dans un lycée à la Roche sur Yon hier mardi. Dans un centre-socio-culturel à Nantes ce soir. Demain chez un ami pour une première réunion homo étymologiquement désigne les femelles et les mâles de l’espèce humaine le mot homme a été capté capturé par les mâles nécessité de le rendre au commun combien de gestes et de pensées à défaire la sexualité le genre les liens qui nous unissent nous aliènent nous fortifient.

Car les fées Spinoza sont les enfants mâles et femelles camarades en apprentissage et auto-formation à l’école de l’amour révolutionnaire. On a trouvé ce titre au roman qui est en train de s’écrire sur ce blog et partout, aujourd’hui, 17 février 18. On , c’est Alexia et Ernesto. C’est Alexia qui a prononcé les trois mots : les fées Spinoza. Et la joie le bond de joie d’Ernesto à ce moment-là t’aurais vu ça. Les fées Spinoza c’est une bande de brothers et de sisters, une centaine, peut-être un millier ou 357 ou quatre millions ou milliards. On s’en fout. On est là. On — c’est la part irréductible de notre enfance accouplée à ce que l’amour peut produire en nous de personnes pas trop grandes mais fortes parce qu’en-relation, ce qui signifie : que nos faiblesses nous ne sommes pas contraints de les nier, elles sont parties prenantes de nos puissances — oh le mot puissance — , qui ne sont pas des pouvoirs de possessions mais par exemple ce que nous pouvons vivre ce jour aujourd’hui par exemple un gentil moment technique et ludique attention mon clito s’il te plaît tout doux d’abord tout autour s’il te plaît vive aussi ta langue mais pas illico à la seconde comme une bite si tu vois est-ce que tu vois, attends, j’essaie. Voilà. Jusqu’à l’orgasme au bout des ongles tu connais ?

— Mais c’est pas un exemple ça.

— Si. C’est un exemple. Quant bien fictionnel pour ce jour. C’est un exemple.

Par ailleurs une lettre de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France te pourrit les démarches pour la réunification familiale c’est-à-dire la possibilité de défaire cet amour séparé entre France et Soudan depuis plus de deux ans — objet : communication de motifs d’une décision implicite de rejet. Ça rend le mot bisou amer dans la bouche et dans le cœur.
 
 
 
 
 
, puis je pense à certaines forces produites pendant les jours sur les plateaux (pensées vers ce dernier matin, chez L) puis ici à Nantes les 10 et 11 (pensées vers samedi soir quand nous sommes tous les cinq, parlant écoutant et le mot sororité n’est alors plus un concept mais une expérience éprouvée, partagée, ressentie, cette écoute cette bienveillance ce souhait de comprendre ce que l’amie est en train de dire et non vouloir convaincre par ce que je veux dire, ceci, ne niant nullement les désaccords mais ne les inscrivant pas dans la pierre comme vérité fixe à défendre ou à atteindre, ce samedi soir comme prolongeant le temps du vendredi matin chez L), et j’éprouve comme elles sont fragiles, ces forces, peut-être normalement fragiles, moins opérantes hier, avant-hier, chute morale, rebond, et,

signes reçues des ami.e.s, signes envoyés aux ami.e.s, — s’écrire — redonnent vigueur à ces forces,
 
 
 
 
 
le 14 février Valentine m’informe de l’existence d’un texte titré « jesus as mother »
 
 
 
 
 
le 22 février mon grand-père le père de mon père est un héro qui ne parle pas on parle de lui on parle de ses exploits mais lui il est malade maintenant en bout de table la bave au lèvre il ne parle pas de la bave érotique de ma bouche sur ta joue et jusqu’au coin de ton œil et tes gémissement de plaisir huit jours plus tard le verbe engager implique de faire et d’établir et de faire vivre relations consécutives à ce faire, l’autre grand-père, il ne fait rien, c’est faux
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

janvier 18

 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1er janvier 18

tempête Carmen

grand vent grande pluie un éclair

la foudre qui tombe très proche

on est trois dans la maison mais on ne peut pas se parler tous les trois

deux à deux l’on peut se parler pour certaines d’entre nous trois

et dans ces paroles qui peuvent dire, ici

qui ne peuvent pas, là

on vit notre possible

c’est une bonne première journée de nouvel an

peut-être pas

sombre ciel gris, vent, orage, lumière en éclaircie puis ciel bleu

là, paroles produisant & affermissant force.s

et là quoi

que j’ignore

petits doigts de pieds érotiques

quelques éléments constituant d’un jour
 
 
 
 
 
2 janvier 18

comme nous sommes constituées

untel né le 21 juillet 1968 à Clermont-Ferrand dans le département du Puy-de-Dôme en France

ces matières culturelles familiales géographiques historiques raciales sexuelles sociales techniques et tutti quanti qui nous constituent

de race caucasienne selon terminologie permettant ou et déniant tout racisme qu’il soit d’essence chrétienne ou de toute autre essence

ces matières

l’année 1968 est une année fréquemment associée au mot révolution, au mot désir, et à d’autres mots sans doute et aux réalités pratiques que ces mots tentent d’énoncer

— non figées dans passé mort, mais qui aussi viennent de là, de ce passé, dès lors : pas mort —

un père ouvrier agricole à quatorze ans en 1951

ces matières avec les manières qu’elles ont d’être par nous — par combien de nous en nous — entremêlées

une mère qui naît au sixième étage d’un immeuble dans le 12ème arrondissement à Paris en 1946

comment

un père qui passe dix-huit mois sous les drapeaux en Algérie entre 1958 et 1960

nous pouvons faire et défaire ces manières

une mère qui aime les hommes noirs et mais c’est quoi qui te fait aimer les hommes noirs

en conscience

un père ouvrier en usine les géographies de l’usine et environnantes à l’usine les invisibilités amicales y en a-t-il eu

comment

une mère secrétaire pour un organisme chargé de collecter les cotisations sociales pour les retraites des artisans

nous pouvons faire

le silence des hommes

et défaire toute constitution, si elle pèse

le pouvoir des femmes existent également — pas également ?

comprendre et

le pouvoir d’une femme

défaire par là où toute constitution pèse

le pouvoir par exemple d’une vengeance à l’égard d’un père, le pouvoir d’une femme qui ne se venge pas contre son père mais dans l’organisation de sa vie, dans le choix de son mari, dans la gestion ou gérance de son couple et de la descendance a minima qui en naît — je choisis un fils unique pour mari, un fils unique sans père, on aura un seul enfant, on maîtrisera bien la descendance, je la maîtriserai, l’enfant aura un seul enfant, on lui fera bien comprendre que c’est le bon chiffre : un, le chiffre de la maîtresse le chiffre du maître le chiffre maître —

— compréhension et défaite —

un héros politique ici le père d’un père

nous ne sommes pas les éternelles victimes de

un père qui n’est pas un imbécile quand bien même il ne fait pas d’étude

quelque constitution

« les femmes sont plus intelligentes que les hommes »

— inconsciemment produite dans les replis de notre enfance ou de

sauf les fous

quelque infantilisation —

une usine est comme une école

l’inconscient

un lieu de dressage

n’est pas un théâtre

je ne sais pas de quoi ils ont peur j’ai été bien dressé pour répéter je ne sais pas je ne sais pas je ne sais pas , le savoir n’est pas nécessairement sale j’associe tout savoir à la trahison des pauvres — de quoi — , au mépris à l’égard des pauvres — de quoi — ,

once again

tu as un plus gros zizi que ton papa

nous avons

ça va pas ou quoi de me dire un truc pareil ?

les armes psychologiques pour…

il est très fier de toi tu sais ?

le verbe destituer n’est pas à réserver à la geste collective-insurectionnelle-politique-sociale

et toi tu n’es pas fier de moi ?

le désir

et toi tu n’es pas fier de toi ?

est un entremêlement de réalités animales collectives cosmiques culturelles familiales géographiques historiques insurrectionnelles intimes minérales politiques raciale végétales sentimentales sensibles sexuelles sociales sylvestres techniques et tutti quanti

elle est folle dingue de son papa elle lui en veut elle le veut elle me veut elle est folle dingue de moi qu’est-ce qu’elle me veut je finis par aimer mon père

— j’ai besoin de me le répéter, oui —

ce pédé d’aumônier m’a-t-il branlé dans mon sommeil

jamais on ne répète à l’identique

l’école Paul Bert

toujours on adapte

le lycée Blaise Pascal

notre faculté d’adaptation est une de nos plus précieuses alliées

l’université Paris 8 à Saint-Denis

si nous acceptons de ne la vouloir maîtriser

la photo, le cinéma, les images, puis l’écriture comme une fuite loin de tout contact avec les autres

« J’ai les armes psychologiques pour atténuer les bruits du lave-vaisselle qui me parvient encore. Je m’y astreins. »

classer dominer par la distance et la séparation celles et ceux qui sont les autres

« reclaim »

peut se traduite par

se réapproprier

 
 


 

 

 

 
 
 
 
Par exemple ce texte — de Didier-Georges Gabily — me constitue. A participé, un temps, de ma constitution. Je crois que je ne l’aime plus. Je n’aime plus sa charge tragique comme préalable. Défaire le tragique comme préalable est possible. Non pas nier l’existence des infamies en cours. Défaire le tragique comme préalable.

Je pense à Olivet de Surya, aussi. Je pense à la puissance d’oppression dont rend compte et que produit Olivet de Surya. Je pense à l’effectivité de cette puissance à la lecture d’Olivet de Surya.
 
 


 

 

 
 
Je pense à la puissance d’atrocité et à la beauté de Tombeau pour 500 000 soldats de Guyotat.

Avec Guyotat : la sensualité vivante dans ou parmi ou malgré ou avec les atrocités humaines en acte. Avec Guyotat, peut-être : quelque chose qui n’est pas d’une colère ou d’une guerre contre le.s vivant.s. Mais. Si guerre il y a, elle est contre toute.s infamie.s à l’égard du vivant, des vivant.s — non une guerre contre le.s vivant.s comme structurellement constitué.s par l’infamie. Elle est par amour des et du vivant.s. Et, par la description au présent des actions des personnages. Un texte sans psychologie. Sensualité d’un matérialisme intégral ? Quid de la ou des spiritualité.s ?

Ci-dessous les 26 premières pages de Tombeau pour 500 000 soldats.
 
 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
3 janvier 18

Yahya, Omar, Geneviève et Ernesto, chez Yahya,
 
 
 
 
 
4 janvier 18

malade, fièvre, courbature, Vernon Subutex 3 en mix avec Deleuze Guattari, sauvages, barbares, civilisées, la voix-audition, la main-graphie, l’œil-douleur ? , quand l’œil ne voit plus mais lit, nuit dans le bureau,
 
 
 
 
 
5 janvier 18

Yahya, Edwarda, français, arabe, John, Ernesto, homme, blanc, cisgenre, hétérosexuel, riche — y aurait-il de la souffrance, pour qu’il soit énoncé comme nécessaire de travailler à une déconstruction. Souffrance de domination exercée à l’égard des femmes et à l’égard des hommes non complices de l’hégémonie masculine — homme, blanc, cisgenre, hétérosexuel, riche. Être de droite serait plus simple. Quand j’utilise le mot déconstruction, je me demande combien de dénis je vais mettre en œuvre.
 
 
 
 
 
6 janvier 18

autonomie et amour sont les deux faces d’une pièce qui n’en comptent pas que deux

disons que cette pièce n’est pas une pièce de monnaie

mais la pièce d’une maison

qui ne compte pas seulement quatre murs

avec Mélanie ce jour nous écrivons deux poèmes d’amour

mon sexe pénètre dans son sexe le sexe d’un homme doit pénétrer dans le sexe d’une femme afin de faire jouir la femme un homme qui sait faire jouir une femme est un homme est une des données de l’hégémonie masculine

à défaut de faire jouir la femme qu’il doit faire jouir afin d’être un homme l’homme peut la faire souffrir c’est une autre manière d’avoir la main sur elle par domination non de jouissance donnée mais de coups donnés est une des données de l’hégémonie violente masculine

la blessure faite à la femme est une honte que l’homme se fait subir à lui même et qu’il fait payer à la femme est une autre donnée de l’hégémonie violente masculine

la honte

est une donnée motrice de merde tant que je suis avec elle incapable de nourrir autre chose que la honte elle-même

la honte

est donc possiblement aimable dans les conséquences de la sortie de la honte

la théorie

n’est pas nécessairement triste, bien au contraire

 
 
 
 
 
7 janvier 18

quand Virginia quitte la pièce où sont réunies les amies il y a quelques jours le problème n’est pas qu’elle quitte la pièce je ne le comprends que cette nuit, le problème est que la nécessité qu’elle a de quitter la pièce et par conséquent toutes les personnes du groupe présentes dans la pièce, quand bien même ce n’est pas la présence de toutes les personnes qui la fait quitter la pièce, le problème est que la nécessité qu’elle a de quitter la pièce pour des raisons qui sont les siennes a pour conséquence que je quitte également la pièce et le groupe de personnes pour la rejoindre, elle, Virginia, et que je reste avec elle et que je suis triste alors d’avoir quitté le groupe et certaines personnes du groupe et triste ce soir-là de n’être capable de rejoindre aucune d’entre elles et la soirée s’achève sur cette impossibilité et cette tristesse-là,

une donnée violente de l’hégémonie masculine peut également être la suivante : tu seras dans la priorité exclusive de soigner toutes les blessures de la femme que tu dois faire jouir afin d’être un homme quant bien même tu n’es pas responsable de certaines blessures

Virginia,

quand je te dis je t’aime je dis j’accueille sans condition la personne que tu es

je ne dis pas j’aime les qualités de ta personne, c’est vrai, je le dis très peu, cela, si je le dis,

dire je t’aime pour dire j’aime les qualités de ta personne est une passion me dis-je

dire je t’aime pour dire j’accueille sans condition la personne que tu es est une action il me semble

John propose qu’aux quatre masculinités catégorisées par Raewyn Connell — masculinité hégémonique, masculinité subordonnée, masculinité complice, masculinité marginalisé — on ajoute une masculinité du doute

je pense qu’il manque au moins une cinquième catégorie, certes

mais je ne pense pas que le doute soit la catégorie que je souhaiterais ajouter

je pense à une catégorie affirmative et ouverte — greffer de l’ouvert

une catégorie affirmative non hégémonique et non dominante

quelque chose qui ne pourrait pas être une catégorie

une catégorie classe domine les autres

qui que soient les autres,
 
 
 
 
 
8 janvier 18

Avons par conséquent le pouvoir de faire en sorte d’avoir moins à subir et cependant règne l’impuissance à faire en sorte. Et. La puissance de cette impuissance et le vice du cercle vicieux et quels intérêts dans ce cercle sinon la plainte et l’appel à la consolation en impuissance nourrie. Tu es ma geôlière. Je suis ma seule geôlière. « Le problème fondamentale de la philosophie politique reste celui que Spinoza sut poser (et que Reich a redécouvert) : « Pourquoi les hommes combattent-ils pour leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut ? » », et, « non, les masses n’ont pas été trompées, elles ont désiré le fascisme à tel moment, en telles circonstances, et c’est cela qu’il faut expliquer, cette perversion du désir grégaire. » — Anti-Œdipe page 37 et je m’inclue dans le contemporains ces masses recopiant ces extraits chialant dans la servitude d’un bureau connecté putain, gros, tu as tout ce qu’il te faut, enlève-toi les doigts du cul ! j’ai tout ce qu’il faut disait ce jeune gars, fils de paysan.ne.s, il avait tout ce qu’il fallait — c’est sa mère qui le disait, c’est Guillermo qui nous en parlait — cela ne l’a pas empêché de se suicider je ne fais en aucun cas un chantage ici au suicide je ne suis pas suicidaire je pense parfois à une tumeur qui se formerait et viendrait me tuer à force de contenir cette merde qui je préfère mon impuissance et ce jeune gars était-il conscient que dans ce j’ai tout ce qu’il faut il n’avait pas tout et que quelque chose d’essentiel, quelque chose d’un rapport à l’essentiel qui fait que nos vies sont des vies aimables et que nous les aimons quelque chose de cet ordre lui manquait et me manque et si je sais l’énoncer ainsi je ne sais pas ou me refuse wtf à l’énoncer plus précisément afin de me former les armes nécessaires à modifier ma manière d’être et sortir effectivement de cette malheureuse percluse de manque. Stop. Ce livre dont vous lisez ici les fragments de formation ne sera peut-être rien d’autre que l récit de l’aliénation des classes moyennes en leur.s domination.s qu’elles se refusent à délaisser.

Suicides en prison.

Donald Trump.

Loi sur les « fake news ». Le fascisme soft de Macron n’est pas un fascisme soft. Dans la phrase qui précède, en vous demandant également où est Charlie ? au royaume du spectacle et d’un président de la république française qui ne serait pas un salopard sous prétexte qu’il ironise sur le président du Burkina Faso en énonçant tout en ricanant du coup il est parti réparer la climatisation, on se demandera, donc, dans la phrase qui précède celle-ci bien alambiquée, si la négation porte sur le mot « fascisme » ou sur le mot « soft ». Bonne journée.

 
40000 personnes exilées sont mortes en Méditerranée depuis le début des années 2000.

L’école remplace ses emplois aidés par des services civiques.

Bac, brevet, maternelle: Blanquer joue au chamboule-tout.

Macron est en Chine.

Où est Charlie ?

Macron est en Chine.

« Nous nous sommes retrouvées à une centaine de personnes au miroir d’eau vers 17h30. »

On regarde Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino. Ce n’est pas l’enfer du Viet-Nam. C’est l’enfer même des États dits Unis de la dite Amérique du Nord. C’est l’enfer de l’humanité en société oppressive. C’est l’enfer de la reproduction et de l’oppression normative violente en sa domination partout, famille, mariage, travail, sexualité, vengeance cruauté réifiante contre l’envahisseur non vous n’êtes pas les maîtres du monde et votre humanité qui n’existe pas nous n’allons pas la considérer davantage que vous ne le faites vous nous traitez comme des objets nous vous traiterons comme des objets. Oppression dès les premiers plans du film. Tout le monde subit. Tout le monde se tait. Une mère gueule contre son fils. Les hommes sont des enfants. Les femmes leur font peur. Je chiale en voyant ce film. Nous avons le pouvoir de faire en sorte d’avoir moins à subir. Mais. Règne l’impuissance à faire en sorte. Ils ne se parlent pas. Je chiale. Après l’enterrement du copain mort au Viet-Nam dans les bars de son ami qui ne l’aime-t-il que d’amitié, je t’aime, ils sont dans le bar. Chez eux. Home sweet home. Les survivants. N’arrivent pas à se parler. Sont survivants dès le premier plan du film. « Il fait moins gris aujourd’hui » dit la femme du gars qui a perdu ses jambes au Viet-Nam, et dont elle vient de toucher la main, en y déposant un baiser — comme de retrouvailles, alors, enfin, comme de possibilité de renouer quelque chose d’elle à lui, dans ces circonstances après l’enterrement du copain. Personne ne sait quoi dire. Ils sont là autour d’une table, dans ce bar, chez eux, avec le mort de ce que serait une vie aimable aimée dans chacune de leur tête. Ne savent pas (se) parler. Le seul truc qui sort, c’est God Bless America. C’est Meryl Streep, qui commence à chanter. « Mon Dieu, protège l’Amérique, la terre que j’aime, / Tiens-toi à ses côtés et guide-la, / À travers la nuit d’une lumière céleste, / Des montagnes aux prairies, / Jusqu’aux océans, blancs d’écume, / Mon Dieu, bénis l’Amérique, mon doux foyer, / Mon Dieu, bénis l’Amérique, la terre que j’aime, / Tiens-toi à ses côtés et guide-la, / À travers la nuit d’une lumière céleste, / Des montagnes aux prairies, / Jusqu’aux océans, blancs d’écume, / Mon Dieu, bénis l’Amérique, mon doux foyer, / Mon Dieu, bénis l’Amérique, mon doux foyer ! » Je chiale ma race.
 
 
 
 
 
9 janvier 18

Et stupeur alors que mon sang ruisselle dans la cuisine — oui c’est une métaphore — et que je demande à Guillemette de me cajoler en Saint-Sébastien éploré — quelle n’est pas ma stupeur, à minuit, assis au sol entre la cuisine et la salle à manger à cet emplacement même où je fus si heureux en janvier ou février 2015, quelle n’est pas ma stupeur à minuit de me souvenir que j’avais un rendez-vous avec mon confesseur à 18h30 et que le sang coule tant et tant de mon âme vers rien depuis le lever du jour que ce rendez-vous ne me revient à la mémoire qu’à minuit alors que Guillemete vient de me laisser seul au sol, rien à faire avec ce gars ne cherchant qu’à pouvoir profiter plus à son aise du sol et se baigner plus largement dans son sang de Saint-Sébastien éploré Guillemette a des activités moins névrotiques à envisager à l’étage de la maison. Nous. Brûlerons vos maisons oppressives, mais vous les aimerez tant encore que nous vous brulerons avec, vous, ne les quitterez pas quand bien même les flammes hurle en moi une rage qui chiale sa race mais qui au dehors : silence.

Ce livre dont vous lisez ici les fragments de formation sera je l’espère une sortie du silence et le récit de la possibilité de la défaite de ce qui fut l’alliée la plus fiable de la modernité triomphante : l’aliénation des classes moyennes en leur.s domination.s.

Par ailleurs, on regarde Chapie.

 
 
 
 
 
10 janvier 18

Le bleu du ciel par les velux signale qu’il fait jour par conséquent il est au moins neuf heures.

Le café nous le faisons dans une casserole depuis que la cafetière italienne est cassée et depuis que nous avons quotidiennement vu Yahya ainsi préparer le café.

Le riz c’est Tamara qui me donne une manière simple de le cuisiner il y a peut-être maintenant dix ans.

Les morceaux de carotte avec le poireau fondu accompagnent aujourd’hui le riz.

Entre hier et aujourd’hui je pense à deux reprises à abandonner le projet de participation au dictionnaire Deleuze.

Nous étalons des morceaux de fromage sur des tranches de pain encore chaud, à peine sorti du four.

Le fauteuil en cuir est celui que mon grand-père utilisa longtemps avant l’acquisition d’un fauteuil médicalisé.

Ernesto fait à Guillemette la lecture du texte Ernesto et Guillemette.

J’ai peur de sortir.

Je demande à Enzo son adresse e-mail et je l’invite à participer au projet 11h11.

Voici le texte Ernesto et Guillemette.

Dans le salon de la rue Alexandre, Ernesto et Guillemette dénombrent dans le climat de leur intérieur intellectuel au moins deux abécédaires. L’un est celui du philosophe Gilles Deleuze dont le premier mot est Alcool et dont le dernier mot est Zig-zag et Ernesto se souvient que Zig-Zag désigne le zig-zag d’un éclair et que cet éclair est associé à quelque chose qui s’appelle un sombre précurseur et que ce sombre précurseur est quelque chose de sombre à l’intérieur de quoi se crée une tension entre deux pôles et à partir de cette tension jaillit l’éclair de la foudre — ou de la création, peut-être, ou d’une émancipation enfin effective ? L’autre abécédaire est un abécédaire qui souhaiterait définir des mots fréquemment utilisés par les membres d’un groupe d’extrême gauche dont certains des membres emploient certains de ces mots comme s’il était convenu implicitement par tout le monde que tout le monde dans ce groupe d’extrême gauche comprend ces mots, or, ce n’est pas le cas. Tout le mot ne comprend pas le mot paradigme par exemple. Un autre objet de ce deuxième abécédaire est de définir certains mots afin de leur rendre la pluralité de sens qu’il peuvent avoir selon les divers usages qui en sont fait par diverses personnes de diverses origines et de points de vue politique variés et de conditions sociales différentes, et, qui définiraient de manières variées et diverses et différentes ces mots par exemple le mot révolution ou le mot amour.

Par ailleurs se dit Ernesto antinomique est un adjectif utilisé pour qualifier un mot qui entraîne une opposition ou une contradiction entre deux termes, une opposition ou une contradiction depuis un terme appréhendé de manière opposée ou contradictoires par différentes personnes. On peut considérer que l’usage du mot révolution dans la bouche d’Emmanuel Macron et l’usage du mot révolution par une habitante de la zad de Notre Dame des Landes ou par une habitante de l’un des appartements des neuf tours de Port Boyer à Nantes… ne recouvre ni le même imaginaire ni la même vie ni les mêmes joies ou angoisses ni les mêmes perspectives et l’on peut dire qu’Emmanuel Macron et cette habitante de la zad de Notre Dame des Landes et cette habitante de l’un des appartements des neuf tours de Port Boyer à Nantes ont des usages très probablement antinomiques du mot révolution — et du mot amour, aussi, très probablement.

On pourrait considérer le mot amour et considérer que le mot amour a toute sorte d’usages qui sont en apparence tous en lien les uns avec les autres mais qui, si on les étudie dans le détail, laisseraient peut-être apparaître des contradictions voire des oppositions.

Par exemple le mot amour qui entre dans la composition de l’expression faire l’amour et qui dès lors décrit le plus souvent une relation sexuelle, sera par certaines et certaines plus facilement associer au romantisme tragique de l’aventure amoureuse d’Héloïse et Abélard qu’au mot par exemple biroute, quand bien même assurément les deux amants firent usage de la réalité même de ce que désigne ce mot de biroute — qui ne signifie en aucun cas « route express à double voie », quoi que.

Et. Ce jour. Outre les mots révolution et amour et biroute et antinomique et outres les deux abécédaires et les quelques personnes ci-dessus évoquées, il y a dans les têtes de Guillemette et d’Ernesto une farandole hétéroclite de mots qui virevoltent et aux alentours de 10h00 du matin, ce jour, ces mots qui virevoltent dans leurs têtes sont les mots Tenderloin, Déroute, Verger, Fourmi, Wyoming, Rituel, et aussi les mot Piscine et Daffodill et aussi l’expression « After images » .

Tenderloin est un mot anglais que Guillemette a croisé dans un poème anglais qu’elle a traduit en français et le mot signifie filet de bœuf mais il désigne également un ancien quartier de New-York et un quartier de San Francisco.

Déroute virevolte dans les têtes d’Ernesto et de Guillemette car il est une possible rime pour le mot biroute.

Verger et Fourmis et Wyoming sont des mots tous les trois extraits de poèmes traduits ces derniers jours par Guillemette et l’on peut imaginer une ligne travailleuse de fourmis travailleuses qui rejoint son nid dans un verger en fleur du Wyoming et l’on peut se demander — se demande Ernesto — si nos affinités sont plus grandes à l’égard d’un bœuf dont on mangera pour partie un filet de bœuf découpé à partir de la chair vivante tuée du boeuf qu’à l’égard d’une fourmi que l’on écrase parce qu’elle nous pique la cuisse nue une après-midi d’été au soleil, dans le Wyoming, ou sur une plage non loin de Calais ou de Rivesaltes ou encore ailleurs.

Imaginer signifie considérer une chose absente comme étant présente.

Et rituel — se dit Ernesto — , — ou bien est-ce Guillemette qui est en train de penser cela ? — , rituel est ce par quoi des personnes humaines réunies en assemblée créent un temps commun pour vivre en commun une action, un passage, une mémoire, qu’il leur semble important de vivre en commun et non seul.e.s au nom de la puissance plus grande et partagée quand on est plusieurs.

Et le mot « piscine » qui virevolte dans la tête de Guillemette y virevolte car que le mot « Wyoming » lui a fait penser à un autre État américain, l’État de l’Ohio, et que le mot « Ohio » lui a fait penser à la chanson « Ohio » chantée par Isabelle Adjani et par ricochet à la chanson « Pull Marine » également chantée par Isabelle Adjani et dans cette chanson il y a les paroles suivantes : « c’est plein de chlore au fond de la piscine ».

Par ailleurs, Daffodill est un mot anglais extrait d’un poème anglais que Guillemette a traduit en français et daffodill signifie pissenlit dit Guillemette à Ernesto et peut se traduire également par « dents de lion » et l’on peut imaginer alors des pissenlits dans le verger du Wyoming avec les fourmis travailleuses dont l’une se fait écraser contre une cuisse nue en été par une personne humaine qui vient d’être piquer. On peut imaginer aussi les dents d’un lion dont la mâchoire se referme sur le cou puissant d’un bœuf qui se débat de longues heures ou minutes de l’attaque du lion mais qui finit par périr.

Imaginer signifie considérer une chose absente comme étant présente.

Et dans les corps d’Ernesto et de Guillemette ce jour tandis que dans leurs têtes virevoltent un verger, des fourmis, un lion et un bœuf et des pissenlits et deux chansons d’Isabelle d’Adjani et deux États des États dits Unis de la dite Amérique du Nord et peut-être aussi un ancien quartier de New-York et peut-être également un quartier de San Francisco et une plage proche de Calais, peut-être, et une plage peut-être non loin de Rivesaltes ou d’ailleurs et les mots révolution et amour qui passent en imagination dans tout un tas de têtes différentes par leurs pensées et leur couleur de peaux et la forme de leurs yeux ou de leurs bouches ou de leurs fesses ou de leurs mains, avec tout ça qui virevolte et tant et tant d’autres choses dans les têtes de Guillemette et d’Ernesto il y a dans leurs corps la réalité de ce que recouvre le mot convalescence c’est-à-dire qu’en leurs corps un peu de fièvre persiste encore et quelques courbatures comme derniers vestiges de ce qui fut quelque chose comme une grippe qu’ils partagèrent en ces premiers jours de début d’année 2018.

Quant à l’expression « After images »,

quand bien même il semble qu’elle puisse être traduite par rémanence,

ici écrire :

après les images.

Fin du texte Ernesto et Guillemette.

Et.

Le soir.

Dans la salle reliure du centre socio-culturel au pied des neuf tours du quartier Port Boyer à Nantes, Patrick dit à Ernesto que Daffodill signifie Jonquille et non pissenlit. Alors. Ernesto pense à une photo du printemps 1975 peut-être où son cousin Ki et lui brandissent un bouquet de jonquilles à Josefa Josefa. Je suis amoureux de ma mère pense Ernesto et c’est très mal car elle n’est pas la sainte Vierge.

Ce livre, dont vous lisez ici les fragments de formation, sera également le récit malade de la chrétienté en sa déroute qui rime avec biroute à l’échelle des 2018 dernières années passées. Bonnes journées à tous et toutes.
 
 
 
 
 
11 janvier 18

Dans le chaos de la chrétienté qui ne va pas se laisser crever la face sans y mettre toute l’énergie — aujourd’hui de résistance — qu’elle a su déployer — alors de conquête — pour envahir en son temps le monde, Ernesto pense une fois encore à la séquence historique aujourd’hui vieille de 50 ans et qui commença non en 1968 le 1er janvier à 0h00 mais dont l’année 68 est un marqueur, une détonation, et se dit que cette détonation fut un coup porté à la chrétienté — libération de paroles et sexuelles et d’organisation dont les effets sapèrent le vieux mondes chrétien et ce qui commença de s’effondrer alors ne s’effondra hélas pas dans la concomitante construction d’un communisme réel — amour révolutionnaire — , alors la réaction de la chrétienté fut plus puissante que celle de l’amour sans dieu le père et sa loi bien stable.

L’invention de la laïcité ne fut peut-être rien d’autres que la première ruse de résistance de la chrétienté pour pouvoir continuer d’exister encore un peu.

Oh cher vieux monde de mon père qui est au ciel avec ses lois stables dominantes qu’il incombe aux chrétiennes et aux chrétiens d’incarner. Amen.

Vers 17h00 Ernesto boit un café allongé avec Guillaume qui boit un coca zéro et Vincent qui boit un coca avec tout son sucre. Oh cher vieux monde, toi qui est né en 1886 et dont les slogans sont par exemple « Ouvre un Coca-Cola, ouvre du bonheur » ou encore « Choisis le bonheur » ou encore « Savoure l’instant ».

On se retrouve tous les trois dans un pmu et l’on parle de cette envie partagée de travailler à la défaite de la chrétienté — en cours — sous son attribut « dominations mâles ». Comment défaire la domination depuis la domination. 1. accompagner en amitié.amour le mouvement féministe ; 2. défaire les « dominations et injonctions mâles » à l’intérieur du groupe des mâles, dans les interrelations entre mâles eux-mêmes ; 3. défaire les dominations et injonctions entre mâles et femelles.

Nécessaire de penser et de vivre ses questions en liens avec les questions raciales, coloniales, historiques et géographiques, sociales, religieuses. Qu’est-ce qu’une question politique ?

Et les arbres et la terre.

Quelles sont les situations d’injonctions. Comment, par des exemples concrets, elles se manifestent. D’un point de vue des sexes, et des rapports sexuels. D’un point de vue racial, colonial, historique et géographique, sociale, religieux. D’un point de vue politique.

Par quel langage les arbres et la terre nous parlent-ils, nous parle-t-elle, à nous les chrétiennes et chrétiens de l’humanité moderne ?

On se retrouve dans quinze jours chez Guillaume.
 
 
 
 
 
12 janvier 18

Je baigne dans le sang de ma race qui n’en finit pas de couler. Je regarde le sang couler et je suis incapable de refermer la plaie. Ce n’est pas ma seule plaie et c’est ma plaie seule que je regarde. La quantité de sang en stock est infini. C’est ce que l’on croit. C’est ce que je crois et je me trompe. Je vais au marché de la Marrière tel un zombie encore vivant avec sa trainée qui le suit au sol. Remplir le frigo de la famille chrétienne de notre maison. Je ne peux que souffrir de cela. Je ne sais pas encore à quel point c’est une maison chrétienne que je ne cesse de fuir depuis bientôt 50 ans. « 50 ans de servitude est une pochade anti-individualiste rédigé par Ernesto au matin de son 10ème anniversaire et 18 secondes, le 21 juillet 2018 — lieu inconnu. ». Je vais ensuite me confesser mais ça ne fonctionne pas car si la question de la faute — bien chrétienne — me pourrit avec persistance la vie, je n’y crois pas.

Je ne comprends rien à ce que je lis de Deleuze et Guattari. C’est faux. Je comprends par exemple très bien ceci : « D’une cer­taine manière, il vaudrait mieux que rien ne marche, rien ne fonctionne. Ne pas être né, sortir de la roue des nais­sances, pas de bouche pour téter, pas d’anus pour chier. Les machines seront-elles assez détraquées, leurs pièces assez détachées pour se rendre et nous rendre au rien ? On dirait que les flux d’énergie sont encore trop liés, les objets partiel encore trop organiques. Mais un pur fluide à l’état libre et sans coupure, en train de glisser sur un corps plein. Les machines désirantes nous font un organisme ; mais au sein de cette production, dans sa production même, le corps souffre d’être ainsi organisé, de ne pas avoir une autre organisation, ou pas d’organisation du tout. « Une station incompréhensible et toute droite » au milieu du pro­cès, comme troisième temps: « Pas de bouche. Pas de langue. Pas de dents. Pas de larynx. Pas d’œsophage. Pas d’es­tomac. Pas de ventre. Pas d’anus. » Les automates s’arrêtent et laissent monter la masse inorganisée qu’ils articulaient. Le corps plein sans organes est l’improductif, le stérile, l’inen­gendré, l’inconsommable. Antonin Artaud l’a découvert, là où il était, sans forme et sans figure. Instinct de mort, tel est son nom, et la mort n’est pas sans modèle. Car le désir désire aussi cela, la mort, parce que le corps plein de la mort est son moteur immobile, comme il désire la vie, parce que les organes de la vie sont la working machine. » — Anti-Œdipe page 13-14.

Mais je n’arrive pas à — ne pas — écrire autre chose que l’histoire du sang de la chrétienté et pensant cela et l’énonçant je comprends ceci : ce qui obsède la part chrétienne en moi est l’histoire du sang des chrétiennes et des chrétiens souffrant le martyr pour sauver l’humanité et c’est le sang des massacres qu’elles et ils ont perpétré qui est effacé de l’histoire. C’est l’histoire de ces au minimum deux histoires qu’il est nécessaire d’écrire.

Voyage au bout de l’enfer de Cimino est peut-être un exemple de ce type d’histoire qu’il est nécessaire d’écrire.

Ce livre, dont vous lisez ici les fragments de formation, sera ce délire — pris au sérieux et avec de grosses blagues au milieu qui viendront quand on y croira plus, ou : quand je me souviendrai de la puissance de clown d’Ernesto, c’est-à-dire, j’espère, le plus souvent possible, et ceci n’est pas une promesse — ce livre sera ce délire : celui du récit du sang de la chrétienté en sa déroute. De la puissance de sa domination. De sa défaite. Et des fêtes pour nos belles journées.

Avec Ahmed et Yahya, Guillemette et Ernesto branchent l’un de leur deux ordinateurs portables sur le vidéoprojecteur que leurs père et mère « branche femelle » leur ont offert pour la fête chrétienne de la famille reproductrice de l’espèce — oui : Noël — et, tous les quatre, Ahmed, Yahya, Guillemette et Ernesto, regardent et lisent les titres du site Internet d’information Ouest-France dans un but d’apprentissage de la langue française au profit d’Ahmed et Yahya.
 

Puis Ahmed et Yahya proposent un cours d’arabe pour Guillemette et Ernesto.

Ernesto a le sang de toutes les dominations qui lui brouille la vue et la possibilité de l’entendement et de l’apprentissage ici de la langue arabe. Heureusement, Guillemette a de l’amour dans son cœur, et Ahmed et Yahya aussi. Et tous les quatre partagent ce moment d’apprentissage de la langue arabe.

De la langue française, puis de la langue arabe. Au profit de tous les quatre. Ce temps commun. École de l’amour révolutionnaire modeste.

Le soir. Guillemette et Ernesto chez Délie, Fred, Isa et Marin.

Le soir. Il est question du texte des Catherines. Fred parle de la masse des prolos comme réserve de jouissance pour les bourgeois et bourgeoises.

Ici quelques textes publiés sur Internet ces dernières jours :
 

 
 
 
 
 
13 janvier 18

La porte du paradis
. Michael Cimino. Massacres de la domination. Les élites et leurs engagements politiques. Les propriétaires massacrant les salauds de pauvres. Une femme prostituée maquerelle qui semble amoureuse d’un homme qui ne lui propose pas de l’épouser et qui accepte pour époux celui qui lui propose de l’épouser. Qui accepte pour époux celui d’ici, et non cet homme de l’élite venu faire son job ici. Besoin d’un chef pour organiser ces salauds de pauvres — cet homme de l’élite tient ce rôle, le temps d’un massacre.
 
 
 
 
 
14 janvier 18

Le soir. Ernesto et Guillemette chez Carla, Thalia et Vincent. Avec Loriane.

Retour à Reims, de Didier Eribon.

Toi aussi emploie le mot « automatisation » et non « autonomie » lorsqu’il est question de machines, de robots, de voitures…
 

 
 
 
 
 
15 janvier 18

Ernesto conduit en voiture Guillemette à la gare puis retourne se coucher.
 

 
 
Ernesto écoute parler Pablo Servigne.

L’effondrement est certain.

Il ne s’agit pas de survivre à l’effondrement mais de préparer dès aujourd’hui comment nous allons vivre dans et après l’effondrement.

On sonne à la porte.

C’est la vieille Suzy qui amène une bouteille d’alcool, elle vient boire au côté d’Ernesto.

Tous les deux regardent ensemble le film 120 battements par minute.

Il y a du sang et de la chrétienté.

Des larmes. Des chagrins. Des colères. Et de l’amour aussi.

J’ai du chagrin disait Fleur évoquant sa camarade d’enfance, Aïsha.

Ernesto.
 
 


1200

 
 
 
 
 
16 janvier 18

Afghanistan. Colombie. Elsa Dorlin. Deuxième tour des présidentielles 2017. Être forêts, habiter des territoires en lutte. France. Grèce. Guyane. Iran : naissance d’une « troisième force ». Kurdistan. La couleur du mâle. Lettre à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans le mouvement contre l’aéroport et son monde. Lybie. Mélenchon est-il notre pote ? Non. « Nous n’avons pas peur d’eux, nous n’avons rien à perdre ». Palestine. Plus de 440 libérations après les manifestations en Iran. Politique du genre et démocratie sexuelle. Premier tour des présidentielles 2017. Race et histoire aujourd’hui. Se défendre, une philosophie de la violence. Soudain le Talmud. Syrie. La théorie (critique) du genre existe. Ja n’arrive pas.

« C’est parmi les objets partiels et dans les relations non­ familiales de la production désirante que l’enfant éprouve sa vie et se demande ce que c’est que vivre, même si la question doit être « rapportée » aux parents et ne peut recevoir une réponse provisoire que dans les relations familiales. « Je me souviens depuis l’âge de huit ans, et même avant, m’être toujours demandé qui j’étais, ce que j’étais et pourquoi vivre, je me souviens à l’âge de six ans dans une maison du boulevard de la Blancarde à Marseille (n° 59 exactement) m’être demandé à l’heure du goûter, pain chocolat qu’une certaine femme dénommée mère me donnait, m’être d eman dé ce que c’était, que d’être et de vivre, ce que c’était que de se voir respirer, et avoir voulu me respirer afin d’éprouver le fait de vivre et de voir s’il me convenait et en quoi il me convenait ». 40 C’est là l’essentiel : une question se pose à l’enfant, qui sera peut-être « rapportée » à la femme nommée maman, mais qui n’est pas produite en fonction d’elle, qui est produite dans le jeu des machines désirantes, par exemple au niveau de la machine bouche-air ou de la machine à goûter — qu’est-ce que vivre ? qu’est-ce que respirer ? Qu’est-ce que moi ? qu’est-ce que la machine à respirer sur mon corps sans organes ? L’enfant est un être métaphysique. Comme pour le cogito cartésien, les parents ne sont pas dans ces questions-là. Et l’on a tort de confondre le fait que la question soit rapportée aux parents (au sens de racontée, exprimée) avec l’idée qu’elle se rapporte à eux (au sens d’un rapport naturel avec eux). En encadrant la vie de l’enfant dans l’Œdipe, en faisant des relations familiales l’universelle médiation de l’enfance, on se condamne à méconnaître la production de l’inconscient lui-même, et les mécanismes collectifs qui portent à cru sur l’inconscient, notamment tout le jeu du refoulement originaire, des machines désirantes et du corps sans organes. Car l’inconscient est orphelin, et se produit lui-même dans l’identité de la nature et de l’homme. L’autoproduction de l’inconscient surgit au point même où le sujet du cogito cartésien se découvrait sans parents, là aussi où le penseur socialiste découvrait dans la production l’unité de l’homme et de la nature, là où le cycle découvre son indépendance à l’égard de la régression parentale indéfinie.

Ja na pas
à papa-mama

»

 
 
Anti-Œdipe pages 56-57
 
 
 
 
 
17 janvier 18
 
 

 
 
 
 
 
18 janvier 18
 
 

 
 

 
 
 
 
 
19 janvier 18

À 5h24, Karacole publie ce commentaire sur Indymedia Nantes :

« On a eut la tête de VINCI mais le combat est très loin d’être fini !

Comment Publié: le vendredi 19 janvier 2018 à 05:24 par karacole

Suite à l’AG de ce soir où je n’ai pas pu lire ce texte en entier, ce qui s’entend parfaitement au vu du nombre de personnes présentes et de la fatigue / tension ambiante, je vous fais passer ce texte à la demande de certain.e.s qui souhaitaient en connaitre l’entièreté.
Je vais prendre une pose des gestions que j’ai assumé dans l’ombre depuis 5 ans. Cesser de réguler comme je pouvais, avec le désir de respecter les diversités, et servir d’éponge voir de punching-ball, puisqu’une décision est passée en force, ternissant une joie beaucoup trop éphémère pour m’hydrater et me permettre de continuer à faire des jonctions au moins pour un temps.

karacole

——– Message transféré ——–

Salut aux médias libres !
Hola Compañer@s del Mx, del Chiapas y de los pueblos !

Comme vous le savez, près de Nantes, le projet d’aéroport privatif de VINCI est abandonné !
Ça, c’est fait !
Voici un super récit de Nicolas de la Casinière sur cette incroyable journée : https://reporterre.net/Sur-la-Zad-recit-d-une-journee-de-victoire-historique

Vous trouverez ici le communiqué du Mouvement : https://zad.nadir.org/spip.php?article5034
traduit en espagnol : https://zad.nadir.org/spip.php?article5036

Ce communiqué comporte une partie peu compréhensible vu de loin, il concerne la route D281. Les lignes qui vont suivre sont un peu complexes, mais, je crois, nécessaires. C’est une analyse personnelle donc subjective de ce qui est en train de se jouer, mais je suis loin d’être la seule à avoir cette vision. N’hésitez pas à me questionner si des trucs ne sont pas clairs. Mon intention est juste de faire éviter que la lutte soit recyclée et ré-appropriée non par les camarades anticapitalistes du monde entier, mais par « l’Hydre Capitaliste » si rusée !

Certes VINCI a perdu mais ce n’est pas pour autant les « zadistes » qui ont gagné : c’est « en même temps » le capitalisme vert qui tente de faire une percée.

La zad, zone à défendre où se sont installé.e.s des dizaines et des dizaines de personnes pour la protéger au fil des années, est désormais sous double pression :

– Une pression externe : pour évacuer, voire expulser. Aujourd’hui prend place une présence policière autour de la zone qui commence à contrôler (https://twitter.com/Kschka/status/953919418844745729 et http://m.presseocean.fr/actualite/nddl-reouverture-des-routes-sur-la-zad-promise-dici-le-milieu-de-la-semaine-18-01-2018-259473 ), qui va harceler les gens et tout faire pour « nettoyer » la zone des « squatteurs » afin qu’elle ne soit plus « une zone de non-droit » aux yeux du citoyen. Ces contrôles vont s’abattre en priorité sur les plus précaires dont les véhicules et les papiers sont loin d’être en règle. A force d’amendes et de retraits de permis (certain.e.s pourraient même passer en justice) l’ensemble sera incité à aller migrer ailleurs sous peine de matraquage général au printemps, chose que personne ne veut évidemment. La campagne de stigmatisation des « zadistes-parasites-de-la-société » continue en parallèle, hyper virulente aujourd’hui par esprit de revanche. Il est à craindre que des arrestations aient lieu dans le coin, peut-être même une intervention express sur un/des lieux ciblés de la zad afin de livrer un.e ou des coupables idéaux à la vindicte populaire qui se déchaine, furieuse d’avoir loupé une guerre et la mise à mort de l’ennemi intérieur (du pain, du vin et des jeux 2.0…)
Une fois ce nettoyage terminé, ce qui semble se dessiner est la « promotion » d’une zone agricole « pacifiée » servant le mythe de l’élève turbulent devenu professeur rentré dans les rangs pour former à une permaculture intensive, productive et rentable. La petite étoile verte nécessaire pour donner du galon à Macron face à Trump, Poutine et autres « super vilains » qu’il pourrait combattre en super-héro…
Pardon, je m’égare dans un cauchemars « dystopique » comme dirait Damasio !

– Une pression interne : une partie du mouvement veut absolument « nettoyer » en « urgence » la D281 comme s’il y avait un contrat à validité temporaire à respecter avec l’Etat. Une sorte d’auto-gestion de du territoire et de la justice, ça pourrait être chouette, mais là c’est pas exactement ce qui se profile à cause de l’insistance, l’intransigeance et le chantage de certain.e.s, parasitant une nouvelle réflexion et de nouvelles pistes à l’aulne d’un abandon enfin concret et même pas encore digéré par tou.te.s !
Réhabiliter la route départementale (et non pas la libérer ou la ré-ouvrir) ça implique la réparation évidemment nécessaire des trous et bosses, les multiples nids-de-poule et dos-d’ânes, le retrait des chicanes (demi-barricades) désormais inutiles et le nettoyage des déchets entassés « en cas de besoin de projectiles »… tout en laissant de quoi limiter à une vitesse très lente puisque c’est désormais une zone d’habitations, et ce point est systématiquement minoré dans la balance. Mais cela veut aussi dire pour certain.e.s la destruction d’anciens ou actuels lieux de vie, de cabanes surréalistes d’anarchitecture (l’une a été incendiée il y a peu) et la disparition des vestiges les plus visibles du visage de la lutte le moins contrôlable.
Peut-être que ces cabanes seront volontairement laissées par leurs occupant.e.s, peut-être qu’il y a moyen de les déplacer (les cabanes!) … voire de déplacer un peu la route, après tout, qu’est-ce qui limite nos possibilités ? Mais celle-ci est devenue un véritable enjeu stratégique, telle une plaie qu’un chirurgien voudrait recoudre sans avoir compris que sa profondeur implique de la traiter avec l’ensemble du corps afin que le soin fonctionne. Il y a d’énormes pression de la part de certaines personnes, toutes tendances confondues, pour que la route redevienne « normale ». Parmi ces personnes il y a des paysan.e.s fatigué.e.s de galérer à manœuvrer quotidiennement pour passer. Et cela se comprend. Il y a des habitant.e.s, historiques ou non, sincèrement épuisé.e.s par la lutte et qui pensent qu’après ça, tout sera enfin terminé, qu’iels pourront reprendre le cours de leur vie et/ou qui aimeraient passer à un autre combat. Et cela se comprend. Il y a des personnes, d’ici ou d’ailleurs, qui se sont fait agresser sur cette route et ont besoin d’une justice à la hauteur de leur peur. Ces personnes sont rares, mais cela se comprend, tout autant.
Et puis il y a des stratégies, surement, mais là, aucun moyen de savoir si elles sont justes ou non.
Mais il y a des personnes qui veulent commencer par nettoyer la route, puis les cabanes aux abords, puis les cabanes au milieu des champs, puis « nettoyer » toute la zone des vestiges de l’occupation, pas seulement des pneus et poubelles-pas-belles qui maculent tristement la campagne. L’ayant entendu de mes oreilles par un porte-parole d’une des composantes en qui j’avais plutôt confiance, ce n’est pas de la paranoïa, c’est concret et même une vision à plutôt court terme. Leur but est que chaque habitant.e paye loyer, factures, charges, dans des maisons, que les cabanes soient détruites… bref de faire cesser le squat et de légaliser la zone. Puis, sans doute, devenir une zone pilote d’agriculture éco-responsable, etc… la boucle est bouclée.
Et ce qui est le plus triste est que ces personnes n’arrivent pas à voir en quoi elles se conforment au besoin exact du capitalisme vert…

Je ne dis pas que cette route ne doit pas se transformer, je juste dis que le calendrier, la modalité et le langage utilisés ouvrent une brèche.
Comme j’habite à Nantes, ville phare de la gentrification dans le but de devenir la capitale des smart-cities après avec été le modèle de Ville Culturelle (artwashing) puis Capitale Verte (greenwashing) , lorsque de chouettes personnes du mouvement me demandent le lâcher prise, de faire confiance et de calmer mon esprit critique, j’ai des années de trahisons dans mes cartons à leur montrer…

Vu l’implication, et l’imbrication, de tout ça, le mouvement se déchire et l’Assemblée de ce soir risque d’être douloureuse pour un lendemain de fête.
Des mots assez terribles sont parfois employés, et des personnes que nous n’avons jamais vues en AG se permettent de parler au nom du mouvement, le plus hallucinant de tous étant quand même José Bové par qui j’apprends que ce week-end, la route sera libérée par l’ensemble du mouvement ! [edit : au final ce sra le cas dès lundi!] Rien de tel n’a été acté collectivement, mais l’avalanche de contournement des décisions qui semblaient avoir été prises à la dernière AG indique bien que celle-ci n’est plus qu’une tribune et en rien un organe décisionnaire. Bien évidemment la plupart des « invités officiels » des medias ont un cursus de personnalité politique éligible, comme si certains voulaient ressortir des cendres de leurs pactes passés avec feu le PS… mais n’est pas Khaleesi qui veut. Et la prédominance masculine de ces stratèges efface complètement la grande place des femmes dans cette lutte.

Voilà pourquoi je vous invite à faire circuler aussi ce texte ci-dessous, que je trouve très représentatif de la lutte sur la zone. Sans angélisme ni binarité, il tente de faire passer quelques notions primordiales comme le refus de l’urgence, la nécessité de préserver la diversité, et le besoin d’en appeler à l’intelligence collective, encore une fois. De nouvelles visions commencent à émerger, des informations émanant de sources diverses aux compétences variées, qui montrent une autre voie possible que la cautérisation brutale. J’espère sincèrement que notre mouvement ne tombera pas dans le même piège que celui qu’il a combattu: n’accepter qu’une seule vision d’un « projet » qui devrait bien plus être l’affirmation d’une nouvelle commune dans le bocage…

« Lettre aux comités locaux, aux soutiens du mouvements, et à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans le mouvement contre l’aéroport et son monde » https://zad.nadir.org/spip.php?article5028
lecture audio : https://archive.org/details/zad-NDDL_Lettre_a_celles_et_ceux
version espagnole en deuxième partie ici : https://es.squat.net/2018/01/17/el-gobierno-frances-abandona-el-proyecto-de-construccion-del-aeropuerto-en-notre-dame-des-landes-la-zad-vence

L’appel à rejoindre la zad le 10 fevrier 2018 n’a rien perdu de son importance, le nombre d’humains venant protéger la zad de l’appétit vorace de « l’hydre capitaliste » sera un indice sur notre capacité à résister à la suite.
https://zad.nadir.org/spip.php?article4992

Le lendemain il y a une super invitation de l’Ambazada, vaisseau interluttes-intergalctiques en cours de construction
« Appel à toutes les forces rebelles spatiales – Méta assemblée générale de l’Ambazada »
https://zad.nadir.org/spip.php?article5037

C’est aussi chouette de recevoir des signaux de soutien de partout hein, pour celles et ceux qui ne peuvent venir, pensez à les transmettre à zad@riseup.net afin que le plus grand nombre puisse en bénéficier 😀
Si vous avez envie d’écrire des trucs, y’a de quoi illustrer par là 😉

La Lucha Sigue, Sigue !
Bizades.
¿' »
 
 
 
 
 
20 janvier 18

Pas encore vu, mais pour mémoire, ici : Table ronde « Identités féminines afropéennes face aux violences publiques ».
 
 
 
 
 
21 janvier 18

« Le 20 janvier (°), Lenz traversait la montagne. Sommets et pentes élevées dans la neige, pierraille grise vers l’aval, pentes vertes, rochers et sapins. II faisait un froid humide, l’eau ruisselait sur les rochers et sautait par-dessus le chemin. Les rameaux des sapins pendaient lourdement dans l’air saturé d’eau. Des nuages gris parcouraient le ciel, mais si serrés, et puis le brouillard étendait vers le haut ses vapeurs et imprégnait les feuillages d’une moiteur pesante, avec une paresseuse lenteur. Il continuait sa marche sans se soucier du chemin, tantôt montant, tantôt descendant. Il ne sentait aucune fatigue, mais quelquefois regrettait de ne pouvoir marcher sur la tête. Au début il ressentait une oppression dans la poitrine quand des pierres sautaient vers le bas, que la forêt grise s’agitait au-dessous de lui, et que le brouillard tantôt avalait les formes, tantôt découvrait les membres puissants; une oppression le gagnait, il cherchait quelque chose, comme des rêves perdus, mais ne trouvait rien. Tout lui semblait si petit, si proche, si mouillé, il aurait bien aimé mettre la terre derrière le poêle, il ne comprenait pas qu’il lui fallût tant d’heures pour descendre un versant et atteindre un point éloigné; il pensait qu’il aurait dû pouvoir tout enjamber en quelques pas. Mais quelquefois, lorsque la tempête jetait les nuées vers les vallées, que la vapeur montait des forêts, et que des voix s’éveillaient le long des rochers, »

« il est dans les montagnes, sous la neige, avec d’autres dieux ou sans dieu du tout, sans famille, sans père ni mère, avec la nature. « Que veut mon père? Peut-il me donner mieux ? Impossible. Laissez-moi en paix.» Tout fait machine. Machines célestes, les étoiles ou l’arc en ciel, machines alpestres, qui se couplent avec celles de son corps. Bruit ininterrompu de machines. « Il pensait que ce devait être un sentiment d’une infinie béatitude que d’être touché par la vie profonde de toute forme, d’avoir une âme pour les pierres, les métaux, l’eau et les plantes, d’accueillir en soi tous les objets de la nature, rêveusement, comme les fleurs absorbent l’air avec la croissance et la décroissance de la lune. » Être une machine chlorophyllique, ou de photo­synthèse, au moins glisser son corps comme une pièce dans de pareilles machines. Lenz s’est mis avant la distinction homme-nature, avant tous les repérages que cette distinction conditionne. Il ne vit pas la nature comme nature, mais comme processus de production. Il n’y a plus ni homme ni nature, mais uniquement processus qui produit l’un dans l’autre et couple les machines. Partout des machines productrices ou désirantes, les machines schizophrènes, toute la vie générique : moi et non-moi, extérieur et intérieur ne veulent plus rien dire. »

Büchner, Deleuze-Guattari,

(°) « Le Journal d’Oberlin indique l’année 1778. »

Jakob Michael Reinhold Lenz est né en 1751 à Sesswegen en Livonie, il est mort à Moscou en 1792. Il est le fils d’un pasteur établi en 1759 à Dorpat (Tartu). Lenz suit les cours de Kant à öônigsberg, puis il étudie la théologie à Strasbourg où il séjourna de 1771 à 1776; en 1772 il s’éprit de Friederike Brion, délaissée par Goethe en août 1771. Il compose deux pièces célèbres, Le Précepteur et Les Soldats, va voir Goethe à Weimar puis se brouille avec lui, voyage en Allemagne du Sud, en Suisse, en Alsace où il fait un court séjour chez le pasteur Oberlin (1778). L’année suivante, il rejoint son père qui dirigeait l’Église luthérienne à Riga. Après quelques années d’instabilité en Russie, il enseigne dans un pensionnat à Moscou, où on le découvre mort dans une rue en 1792.

« L’exécution de Louis XVI, en application du jugement de mise à mort du roi par décapitation prononcé par les députés de la Convention nationale à la suite de son procès, a eu lieu le 21 janvier 1793 à 10 h 22, à Paris, sur la place de la Révolution — ancienne place Louis XV, devenue en 1795 la place de la Concorde. »

« La conférence de Wannsee réunit dans la villa Marlier de Berlin, le 20 janvier 1942, quinze hauts responsables de ministères ou de la police du Troisième Reich, pour mettre au point l’organisation administrative, technique et économique de la « solution finale de la question juive », voulue par Hitler et ensuite mise en œuvre, sur ses instructions, par Göring, Himmler, Heydrich et le collaborateur de ce dernier : Eichmann. »

Le fils de Saul, de Lazlo Nemes. Les Sonderkommando. Les Arbeitsjuden.

Retour à Reims, de Didier Éribon.

 
 
 
 
 

22 janvier 18
 

 
 
je comprends très bien Jean-Claude Romand qui va — réellement, ou pas, je ne sais plus — tous les jours sur un parking où il y gare sa voiture et où il passe la journée, mentant sur le fait qu’il n’est pas médecin, qu’il n’est pas au travail, qu’il n’a pas de travail, donnant le change en répondant à l’oppression de la réussite de sa vie par un mensonge de vie depuis 18 ans , je pense à cela, tandis que je prends la voiture vers 15h00 ou 16h00, sans but, si ce n’est celui de sortir et rouler sans savoir vers où et je ne sais par où je ne deviens pas fou, car je ne deviens pas fou, c’est un fait, quand bien même l’oppression — sociale de quels frics et de quelles intelligences ? de quelles sensations ou de quels sentiments sexuels ou politiques ? de quelles pensées ? de quelles races ? de quelles religions ? de quelles sexualités ? de quels sexes ? de quels amours — dont je suis moi-même pour partie le producteur et l’héritier, je ne sais plus, c’était très clair ce que je voulais écrire, quelque chose comme : je comprends très bien l’impossibilité de prendre sa vie en main si ce n’est par la fuite et l’errance et une série de non-décision et à ce titre Jean-Claude Romand n’est pas à proprement parler un bon exemple de gars pris dans une série de non-décision car il en a pris des décisions, jusqu’à celle de tuer femme et enfants et parents, ce que je comprends : c’est l’oppression d’une réussite sociale normée à accomplir et qui l’entraîne à mentir pendant 18 ans et à tuer pour finir sa femme ses enfants et ses parents quant à moi je ne me sens pas plus meurtrier que suicidaire, et je me retrouve au super u de thouaré sur loire où l’on peut acheter des livres par exemple de virgnie despentes, guillaume musso ou yannick haenel,

je veux écrire un livre qui soit en vente dans les supermarchés,
 
 

 
 
 
Par ailleurs. Aujourd’hui, à Versailles,
 
 
 
 
 
23 janvier 18

« j’ai fini cette nuit la lecture de Retour à Reims, merci beaucoup, ça va peut-être faire partie des choses qui vont m’aider, justement… même si contrairement à Éribon, quelque chose en moi se refuse toujours à quitter — trahir ? — là d’où je viens, ça fait bientôt cinquante ans que ça dure et c’est du lourd, »

« Par ailleurs, j’écris depuis l’un des cercles de la domination. Les dominations. J’écris depuis les intersections d’un certain nombre de cercles de la domination. Les dominations. Et que je subisse certains aspects de l’oppression — les oppressions — produite — s — par la domination — les dominations — dont je suis un représentant comme naturel est une réalité. Pas une fatalité. Et, »

— et en langage simple ça donne quoi ?
— ça peut donner ça :

24 janvier 18

« Intersectionality is not primarily about identity, it’s about how structures make certain identities the consequence of and the vehicle for vulnerability. So if you want to know how many intersections marry, you gotta look at the context: what’s happening ? What kind of discrimination is going on ? What are the policies ? What are the institutional structures that play in a role in contributing to the exclusion of some people and not others ? » — Kimberle Crenshaw — via capjuby,

— et en français ça donne quoi ?
— minute papillon… lis ça si tu veux c’est en français, ça vient du Mexique,
 
 
 
 
 
25 janvier 18

allo maman
mon pti loup
pas comme des loups
et meutes émeutes
silence radio la peur
la planète des signes
les origines
la révolution commence
 
 
 
 
 
26 janvier 18

marché matin
la nuit je mens
avec yahya
la vidéo
les paroles
une chanson sexuelle
geostorm
blade runner 2048

par ailleurs, Timea me transmets par e mail cette traduction qu’elle vient de faire, je crois, d’un texte de Hyapatia Voulourmis : TOUCHER 3. UN TOUCHER NON RÉCIPROQUE EST UN MONDE NON RÉCIPROQUE — Un site anarchiste populaire en Grèce publie des lettres d’amour sur une page de ce site, titrée « Cachées ». Sous les polémiques et les cris contre un jeu nauséabond s’allongent de chatoyantes interfaces appelant au toucher. Ce qui est significatif dans ces innombrables romances c’est la convergence de l’éros, de la lutte, et de la ville. Beaucoup de lettres font écho les unes aux autre, mettent en pièce le dilemme qui serait de regarder, quand le temps viendra, quand la ville brûlera, soit le feu dévorant soit le visage brillant d’un-e amant-e. Beaucoup de lettres essayent de localiser un objet désiré vu pour la dernière fois à une réunion, ou à une demo depuis disparue. Tous ces sites et ces moments de résistances sont nommés, datées, marquées par des acronymes, des lieux significatifs, des événements, des histoires. Les lettres révèlent les communs, le langage, les paysages, et la sociabilité des espaces anarchiques, les pratiques entrelacées de l’ardeur des désirs galvanisés par, et galvanisant un idéal révolutionnaire. Désirer toucher et être touché par les autres amoureu-ses est toujours le désir de toucher un autre monde.
 
 
 
 
 
27 janvier 18

car la force n’est pas la brutalité
car le sensible est
car la puissance n’est pas la domination
car la fragilité

 
 
 
 
 
 
28 janvier 18

[… à compléter] [en lien avec le mot sincérité qui serait un possible synonyme de avec le cœur]

 
 
 
 
 
29 janvier 18

. et, cette image,

. et, ce texte, l’amour, le sexe, pourquoi j’ai déserté,

. et,

. le choix des armes :

. hors la                       de ce film de mecs, hors la                       de mec.s de ce film et l’acceptation de catherine deneuve, de participer à cette                      : ce film… non pas                      en tant que film, ça ici n’est pas la question, mais                      en tant que film de mecs… Catherine-Deneuve=faire-valoir-de-Yves-Montand, Catherine Deneuve qui attend Yves Montand son héros dans une chambre d’hôtel, tellement seule femme dans ce fil de mec.s — la seule autre femme est la femme d’Anconina, femme du copain muet du héros pulsionnel de mort, femme quasi-totalement muette et travailleuse et pondeuse, trois enfants… + la femme de l’enfant de Depardieu : morte ou je sais pas quoi, en tout cas complétement absente du film… — , l’accès à l’héroïsme pour CatherineDeneuve se fera par la mort, ainsi elle acquiert sa gloire d’héroïne, le voilà son accès offert à la tragédie, par sa mort et non par l’action, sa mort viendra produire-justifier le suprême tragique du film — la nécessité de la mort d’un.e innocent.e oh mais c’est une femme ? »

. ce rendez-vous,

. ce texte, si on se touchait ?
 
 
 
 
 
30 janvier 18

l’abandon à,
quand la jouissance n’est plus l’objet principal de l’attention
être avec

— dans cette petite pièce fraîchement repeinte —

quand un corps est l’objet par lequel un autre corps va chercher et produire sa propre jouissance
réification

l’abandon de,

là,
la jouissance de corps, je jouis de la pleine possession de mon corps
je suis seul

là,
je m’abandonne à ce que ton corps fait

là,
quand la jouissance n’est plus l’objet principal de l’attention
j’ouvre les yeux
je vois ton visage nu dans son abandon

— dans une baignoire remplie d’eau ultra chaude —
 
 
 
 
 
31 janvier 18

je comprends alors que la sincérité n’est pas nécessairement dans l’énonciation extériorisée
qu’elle est sincérité de soi à soi — d’abord ? —
tout autant qu’énonciation émise vers toi ou toi
de soi à soi sincérité
y compris en telles présentes absences de réponses, en telles présentes impossibilités d’affirmation,
quand bien même ne tranche pas, de soi à soi ne dissimule pas
aussi, taire telles pulsions de destruction
faire taire
telles pulsions de destructions
est fidélité à
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

autant de fois qu’il sera nécessaire je me souviens

 
 
 
 
 

je me souviens de ce jour où ils me disent qu’ils comprennent très bien que leurs amis n’aient pas acheté cette maison dans ce lotissement parce qu’il y a beaucoup d’arabes et qu’ils ne vivent pas comme nous,
 
 
 
 
 
je me souviens de l’album photos, avec les photos prises quand j’étais en Algérie, pendant la guerre — j’avais alors l’oreille musicale, je l’ai toujours, et on m’avait affecté au service radio, pour transmettre des informations, en morse : « tala-tili-tala ça veut dire S.O.S »,
 
 
 
 
 
je me souviens de ces femmes qui fument, dehors, le matin, je les vois tous les matins, sur mon vélo, quand je vais à l’usine,
 
 
 
 
 
dans la forêt magique du monde réel, non, non, dans une forêt réelle du monde réel, non plus, dans : la grande pièce de la maison sise à                                                                , c’est en novembre 2016 peut-être, je rentre chez moi, je préfère ne pas dormir, là, je développerai plus tard, c’est comme ce jour rue Montorgueil en juin 2012, ce jour où j’embrasse ta joue si tendrement si vivement d’un même mouvement et de suite je fais un pas de côté vers la fuite non pas mais vers un retardement du type je développerai plus tard à chaque attirance cette peur d’être englouti oh, au, jourd’hui c’est le 18 décembre 2017 et
 
 
 
 
 
je me souviens aussi du jour où Raymond Barre est nommé premier ministre, c’est le 25 août 1976 m’apprend wikipédia ce jour-là je suis assis à l’arrière de la voiture qui est une R12 de couleur bleue elle roule entre Clermont-Ferrand et Chantelle on est un peu avant Gannat je me souviens que mes parents ne connaissaient pas cet homme nommé Raymond Barre bien qu’il ait été nommé ministre du commerce extérieur quelques mois auparavant dans le gouvernement précédant dirigé par Jacques Chirac mais avant cela que faisait-il cet homme il était comme le titre wikipédia économiste de profession avec un engagement européen je me souviens de ce jour sur la route dans la voiture avec la radio allumée qui évoque la nomination de Raymond Barre et les platanes sur les bas côtés défilent de part et d’autres de l’habitacle je me souviens de ce jour aujourd’hui 18 décembre 2017 mais je ne me souviens pas du jour où François Hollande nomma Emmanuel Macron au poste de secrétaire général adjoint du cabinet du président de la république française secrétaire général adjoint chargé du pôle de l’économie et de la finance je ne me souviens pas non plus du jour où Emmanuel Macron fut nommé ministre de l’économie et de l’industrie et du numérique par Manuel Valls et François Hollande et hier à la télévision je lis que « depuis la très célèbre interview du général de Gaulle par Michel Droit, entre deux tours de la première présidentielle de 1965, on n’avait jamais atteint un tel taux de proximité. Mais n’exagérons rien, et ne sombrons pas dans la caricature : Michel Droit, c’était en noir et blanc, alors que Delahousse c’est de la caresse en couleurs.»
 
 
 
 
 
je me souviens du samedi 10 janvier 2015 quand je monte dans le bus pour aller à la manif après les attentats et dans le bus il n’y a que des familles blanches qui vont à la manif après les attentats. je me souviens de ce jour-là comme d’un jour où physiquement j’éprouve la réalité du racisme français. l’idée d’un racisme français j’en connaissais bien évidemment l’existence et j’en éprouvais en moi-même ma part de production. mais ce jour-là le 10 janvier 2015 la production française de racisme français prenait le bus et j’étais dans le bus avec la nausée de produire le racisme français. ce racisme pour la première fois ce jour-là je l’ai éprouvé comme violence effective à l’égard de toutes celles et tous ceux qui n’étaient pas là : noir.e.s et arab.e.s français.e.s comme toi et moi si tu es français.e. noir.e.s et arab.e.s français.e.s absent.e.s en ce jour de communions nationales français.e.s. fin de la comédie. noir.e.s et arab.e.s français.e.s ne sont pas français.e.s. et cela que leur absence l’affirme depuis une volonté qui leur serait propre, ou depuis un mensonge égalitaire qu’elles et ils subissent. désormais qu’importe. j’écris ces mots le 9 décembre 2017 alors qu’une messe est en cours à l’église de la madeleine à paris en l’honneur de johnny hallyday. je me dis que c’est la même france qui pleure johnny hallyday aujourd’hui et qui manifestait les 10 et 11 janvier 2015. je n’ai aucune colère contre johnny hallyday. j’en aurais plutôt contre celles et ceux qui s’offusquent de l’hommage dit populaire — copyright république française — qui lui est rendu aujourd’hui et depuis sa mort il y a quelques jours. oui, johnny était un chanteur populaire — mais de quel.s peuple.s ? — et pour cela je l’aime — mais de quel amour. entre le début de la carrière de johnny et aujourd’hui, le peuple — de france ? — si le mot peuple désigne quelque chose — et, il désigne quelque chose, toujours, toujours il veut désigner quelque chose — n’est plus le même. johnny hallyday commence sa carrière pendant la guerre d’algérie. il la finit aujourd’hui à l’église de la madeleine.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

décembre 17

 
 
 

 
 
 
 

1er décembre 17

Travail. Matin très tôt. Dans la nuit. Chercher et télécharger un certain nombre de documents en lien avec masculinités. Et aussi la thèse de Maboula Soumahoro.

 
« pour Joie, je préciserai le texte — le condenserai, tenterai de — avec les bons endroits que vous m’indiquerez. Pour Comment s’organiser, cette entrée est une proposition que j’avais faite à A. Et qu’il avait accepté sans que nous en discutions davantage. Intuitions croisées peut-être. La dimension politique est centrale, sans doute. Et pour moi l’intuition première est dans un lien que je fais entre le Corps Sans Organe tel que l’énonce Artaud, ou tel que je l’entends avec Artaud — ou tel que Deleuze en parle dans un cours, je ne sais plus — , — c’est-à-dire : la nécessité d’un corps autrement organisé, un corps non pas organisé par les puissances d’organes extérieur.e.s à lui-même et qui dictent leurs nécessités, mais un corps auto-organisé — lien entre ceci, donc, et la lecture de À nos amis du Comité invisible, où, de mémoire, Deleuze est un des rares philosophes — le seul ? pas sûr — à être nommé : « Nous devons être dès le début, écrivait le camarade Deleuze il y a plus de quarante ans, plus centralistes que les centralistes. Il est évident qu’une machine révolutionnaire ne peut pas se contenter de luttes locales et ponctuelles : hyper désirante et hyper centralisée, elle doit être tout cela à la fois. Le problème concerne donc la nature de l’unification qui doit opérer transversalement, à travers une multiplicité, non pas verticalement et de manière à écraser cette multiplicité propre au désir. » À nos amis aussi comme livre Deleuze-Spinoza. Avec une entrée Comment s’organiser, c’est auto-organisation, autonomie, révolution comme processus, qui sont en ligne de mire. Et libération/ liberté ? À ce dernier duo je n’avais pas pensé avant de relire le passage de Artaud dans Pour en finir avec le jugement de Dieu :  Lorsque vous lui aurez fait un corps sans organes, / alors vous l’aurez délivré de tous ses automatismes / et rendu à sa véritable liberté. » Qui serait à mettre en relation avec la partie 5 de l’Éthique, au titre programmatique : De la liberté humaine. Avec Comment s’organiser, Deleuze serait comme une plaque tournante — machine désirante ? CsO ? — qui permettrait cette mise en relation —cette circulation— Artaud-À.nos.amis-Spinoza. »

Puis me recoucher. Marché. Laurent. Long et bon téléphonage comme dirait Haenel, avec Anne. Ahmed et Yahya. Ils ne veulent pas que les gens étrangers apprennent le français (écrire, parler, comprendre). Qui ça Ils ? L’État. Mais faisons sans l’État. Le racisme d’État. La réalité vivante et bonne de nos relations. Aller chercher cousin Ki à la gare. La soirée avec lui.

Université occupée : AG face à la pression de la présidence : « Fermeté et tolérance ».

« Une rencontre avec la présidence a eu lieu, ils continuent de demander l’évacuation du château, à nous mettre la pression sur le fait que l’intervention des forces de l’ordre est possible.

Très tôt, dans la matinée, ils ont coupé l’eau et le chauffage alors qu’il gelait dehors et que des mineurs dormaient dedans.

Nous appelons largement à une assemblée générale à 18h30 dans le château du Tertre pour décider collectivement des actions que nous porterons ensemble pour la suite du mouvement.

Nous avons toujours besoin d’être nombreux.ses pour maintenir un rapport de force important ! »
 
 
 
 
 
2 décembre 17.

… oui et tenir et surtout travailler à comprendre inlassablement même si ça épuise et si parfois ça fait bien bien bien bien bien bien bien mal quand tu n’y parviens pas mais non je ne crois pas que ce soit mal que cela fasse quand tu n’y parviens pas cela fait autre chose que mal ça fait quelque chose d’une espèce d’angoisse et ce n’est pas avoir mal cela je ne crois pas que ce soit mal ce qui t’arrive alors en tout cas ce je sais ou du moins ce que j’éprouve c’est qu’on peut comprendre voilà c’est tout on peut comprendre et cela est vrai avec toute situation on peut comprendre n’importe quelle situation et faire en sorte que rien de mauvais ne t’arrive je veux dire tu peux faire en sorte que rien de mauvais ne t’arrive pas et que ça ne te fasse ni mal ni angoisse et tu peux comprendre car comprendre est une chose possible et cela ne fait pas mal cela est bon et de cela je suis profondément persuadé on peut comprendre et en conséquence de toute compréhension une sortie de la douleur ou de l’angoisse ou de n’importe quoi disconvenant dégueulasse une sortie de ça est possible je l’éprouve même si les rechutes sont bien réelles et bien bien bien bien bien bien bien fréquentes je l’éprouve on peut comprendre comment on est foutu chacun.e et comment chaque situation est foutue ou comment on s’y est foutu et de quoi l’on a besoin et de quoi l’on est capable et quoi est possible depuis soi et pour soi et en liens avec et avec liens on peut comprendre tout ce binz et certes ça peut être long pour la compréhension mais non quand tu parviens à t’écarter de la temporalité c’est ça qu’il faut parvenir à faire t’écarter de la temporalité et rester en lien avec les brothers et les sisters qui sont dans la compréhension ou du moins qui travaillent également à y être et alors là ça peut commencer à être bon il n’y a plus dès lors de ça peut être long ni bref ni long c’est juste éternel à souhait avec brothers et sisters en perfection et réalité embrassées et accueillies par là où elles te et vous et nous conviennent c’est-à-dire par là où il est possible faire quelque chose avec et je vais me recoucher…

… puis, dans la voiture, avec Cousin Ki…

… puis à Piriac, la cérémonie à l’église pour l’enterrement de Cécile la maman de Gwenaëlle…

… Anne-Sophie, Benoit, Bruno, François, Céline, Stéphanie, des ami.e.s et la famille et revoir Uli, Vincent, Claire et Anne et Thomas. Vous faites partie de ma vie je m’en rends compte aujourd’hui. C’est important. Dominique, Aline, Servane, François le papa de Gwenaëlle. Être là. Présent.e.s. C’est très bon.

… et Christian conduit sur la route retour. Et soirée avec lui, à la maison. Parler. S’énerver — moi. Écouter.

… je m’énerve dans la volonté d’avoir raison… je m’énerve dans, voulant avoir raison, une position offensive défensive de panique… j’arrête de vouloir, avoir raison… d’abord parce que je me débats dans du nerf, des nerfs et de la panique… arrêter de vouloir, avoir raison, j’arrête de parler… alors j’écoute… sans intentionnalité de vouloir écouter… mais c’est ce que je fais, j’écoute… j’écoute cousin Ki… et, écoutant je reçois… et à partir de cela, que je reçois, je peux alors parler à nouveau… non plus dans la volonté, d’avoir raison… mais dans le plaisir d’énoncer ce que je pense, en le mettant en relation avec ce que j’ai entendu…

… c’est une très bonne journée…
 
 
 
 
 
[…]
 
 
 
 
 
7 décembre

Azénor me fait parvenir un lien vers cette page.
 
 
 
 
 
[…]
 
 
 
 
 
13 décembre 17

« 02h00. Tout en répondant aux mensonges de la présidence, les occupant.e.s appelent « toutes et tous à être présent-es pour apporter un soutien visible DEMAIN, mercredi dès 9H45 devant le bâtiment CENSIVE ! A 10h a lieu un RDV entre la Présidence de l’Université et les occupant-es. » 

12h30. La présidence a annulé le rendez-vous de ce matin, au prétexte qu’il n’y aura pas de discussions tant que le château du tertre est occupé.

14h30. L’université pose un nouvel ultimatum, le châteaux doit être dégagé avant Jeudi 14h. Il n’y aura pas de discussions sans ça. AG en ce moment en amphi D entre étudiant.e.s et prof. Un appel est déjà lancé à être présent.e massivement Jeudi midi pour un pique-nique. » 

 
J’entends le son d’une soufflerie. J’entends le grincement de la table. Je regarde le poignet de la main de P qui écrit. J’entends le bruit de la porte qui claque. J’entends le son du piano dans la pièce à côté. J’entends le bruit de la porte qui claque. Je vois les lumières au dehors. J’entends une voix dans la couloir. Je sens comme une crampe dans les doigts de la main droite qui se crispe en tenant le stylo bic. Je respire. Je vois mes jambes croisées sous la table. Je fais un mouvement du poignet de la main droite pour détendre la crispation dans la main. Je lève la tête. Je tends la tête vers l’arrière pour me détendre. Je respirer. J’entends ma respiration. Je compte combien nous sommes dans la pièce. J’oublie. Je doute du chiffre exact. Je recompter. Nous sommes six. Je me redresser. Je regarde la main droite d’A qui écrit. Je regarde la main droite de N qui n’écrit plus. Je me souviens de Clarinette mais je n’ai pas encore retenu ton prénom. Je vois deux doigts de la main droite de M-F qui touche sa lèvre supérieure. J’entends Clarinette qui baille. Je vais parler.

Je.

Soirée chez C et G. Quels sont les prénoms de Danton et de Marat. Camille Desmoulins, on connaît son prénom.

« En 1792, les hommes acquièrent un nouveau système politique prônant de grandes valeurs : la Première République. Cette République, qui, pour les hommes est synonyme de nouvelles libertés et d’égalité n’est en fait rien de cela pour les femmes. En effet, si les hommes font une grande avancée, les femmes, elles, malgré leur souhait, sont délaissées par ce nouveau régime. Cependant, elles luttent avec une certaine férocité pour être des citoyennes qui ne soient plus confinées dans la maison familiale, elles se manifestent et veulent acquérir un nouveau statut. »

Vernon Subutex est à la rue. Il y a des ami.e.s autour de lui. Quant on le touche, on devient bon. Vernon Subutex est un saint. Vernon Subutex — tome 2 est un roman bisounours et trash et bon avec trans et gouines et fachos et femmes et hommes à la rue. Il n’y a pas encore tout le monde dans Vernon Subutex mais Vernon Subutex n’est pas seul.
 
 
 
 
 
14 décembre 17

« 09h30. Appel à la grève de étudiant.e.s et personnels de l’université à 12h15 par SUD Éducation. L’UD CGT et Solidaires ont communiqué leur soutien une fois de plus et condamné l’attitude de la présidence. Toujours RV à midi aujourd’hui pour un pique-nique au cas où la présidence prépare un sale coup (Ultimatum posé pour 12h et non 14h).

14h30. Après le cafouillage de communication sur l’heure de l’ultimatum d’aujourd’hui (14h puis 12h), l’ultimatum est repoussé à 19h ce soir. L’amphi D est réoccupé et ça parle d’actions à l’extérieur de la fac. Besoin de monde encore sur la fac, venez ce soir si vous pouvez pas avant !

16h30. Appel à rejoindre une action de blocage tranquille au rond-point de recteur schmitt.

19h30. En exclue sur radio-police-presse-océan, la préfète annonce l’annulation de l’expulsion de la censive et du tertre. Elle promet quelques miettes de logements d’ici un mois. Autant dire que vu la situation dans la rue cet hiver, ça n’est pas grand chose. D’après le coup de fil de l’université, la promesse n’est que pour aujourd’hui et demain. Le week-end et les vacances approchent, le risque n’a pas complétement disparu. La mobilisation a permis d’arracher ces lieux pour en faire des logements, mais ce n’est qu’un début ! »

 
Vernon Subutex est un roman populaire écrit par une femme née le 13 juin 1969 à Nancy d’une femme et d’un homme qui avaient alors vingt ans et dix-neuf ans et qui étaient postière et postier engagées tous les deux à la CGT.

« La transgression d’une femme bûcheronne est évidente. Celle de la femme écrivain ne l’est pas, et pourtant… Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il y a eu tant de discussions sur l’opportunité de féminiser le mot. Personne ne s’est roulé par terre quand on a parlé de factrice. Mais que de hurlements quand on a dit écrivaine, auteure ou autrice ! »

Un entretien avec Virginie Despentes est ici.
 
 
 
 
 
15 décembre 17

« Le GAG (Groupe Autonome des Géographes) revendique le blocage de 2 amphis en soutien à la lutte des MIE. »

 
Vernon Subutex est un livre que j’aime lire. Portrait oratoire de Gilles Deleuze aux yeux jaunes, également.
 
 
 
 
 
16 décembre 17

« Un appel à don avec une nouvelle liste des besoins a été publiée. À POL’n ce soir, une soirée en soutien aux MIE. Une AG des sans-papier.e.s et MIE est aussi organisée, rendez-vous à 16h30 en bas de Talensac. »

 

Soirée chez A et C et E et G.

Vernon Subutex.

Portrait oratoire de Gilles Deleuze aux yeux jaunes.
 
 
 
 
 
17 décembre 17

Rencontre avec Virginie Despentes, le 1er juin 2017. Dialogue avec Sophie Joubert, à partir de 19min30, dans cette vidéo.

À la toute fin, à partir de 1h1min10sec, ceci :

— il y a aussi cet aveuglement d’une certaine catégorie de la population, qui refuse d’entendre, de voir les gens qu’on trouve dans votre livre.

— ouais, je pense pas que soit un aveuglement, je peux me tromper mais je pense que c’est pas un aveuglement du tout, c’est une décision très consciente de… qu’ils en ont rien à foutre… et ils veulent pas entendre… j’ai même la sensation, quand je parle avec des gens qui sont un peu « à patrimoine de gauche », qu’ils sont en train de se préparer, depuis Nuit debout, justement, et je le crois sincèrement, ils sont en train de se préparer psychologiquement à l’idée qu’à un moment donné on va tirer dans la foule, qu’on fera trois ou quatre cents morts pour arrêter les… et ils sont en train de se préparer psychologiquement, ce jour-là, à dire « ah oui mais on pouvait pas faire autrement, ces gens sont trop méchants, ils étaient trop énervés, il fallait bien les arrêter », ils sont, je le crois sincèrement… des gens très riches aujourd’hui en France sont en train de se préparer réellement à tuer des pauvres, en tout cas des insurgés, et ça fait un moment qu’ils sont en train, je le crois, je vous l’ai déjà dit, des fois je prévoyais des trucs qui se passait pas, je peux me tromper, mais je crois, et je les vois faire, j’ai l’impression de les voir faire : oui, ils sont en train de se préparer à tuer, à tuer des insurgés, et leur façon de traiter Nuit debout dans la presse, c’était pas innocent… que les Nuit debout soit présentées… alors que, bon, quand tu y allais, c’était des gens en train de manger des crêpes et de discuter… c’était pas… des gens, on les connaît, c’est des gens… mes parents étaient comme ça, moi je suis comme ça, enfin, des militants de gauche, on est comme ça depuis longtemps… et qu’ils aient été présentés comme des bêtes furieuses pour quatre ou cinq casseurs à chaque fois, alors que… la police a été d’une violence qu’on avait jamais connu… c’est une police qui était d’une violence espagnole, c’est-à-dire… c’est pas la police française, depuis… depuis la fin des années 60 la police française s’était quand même… intervenait de façon beaucoup plus modérée et mesurée… alors que là c’était vraiment un déferlement de violence, et je crois, quand j’entends les gens plus r… bien placés… qu’ils sont réellement en train de se dire « oui mais ces gens sont des bêtes furieuses, donc il va bien falloir les abattre », et qu’ils sont en train, ouais, si dans un an on tire dans le prochain Nuit debout, eux il sont psychologiquement prêts à dire « on pouvait pas… c’est des terroristes… » … et on sait bien comment on doit traiter les terroristes… et je le crois… je crois que c’est ce vers quoi on avance, et c’est assez conscient, de la part d’une certaine partie de la population,
 
 
 
 
 
18 décembre 17.

« Ça fait deux nuits que des fafs passent et font plus ou moins chier, au point que la nuit dernière la BAC a débarqué. Un site autonome pour diffuser les infos de la lutte a été mis en place. Une AG est appelée demain mardi 19/12 à 16h30 au château, pour causer de l’arrivée des vacances, du harcèlement des fafs, d’actions à prévoir, d’une éventuelle coordination des occupations et de la rencontre prévue avec l’université le lendemain matin à 10h. »

 
 

 
 
 
 
 
19 décembre 17

Ernesto quitte la maison à 17h et dans les bouchons sur le périphérique de Nantes Ernesto réalise qu’il a oublié la couette en plumes d’oie pour dormir en amour chaud dans la ferme au cœur de la forêt des cailloux.

Ernesto quitte le périphérique et fait demi-tour et il roule jusqu’à la maison où il récupère les plumes d’oie dans le duvet et il reprend le départ.

Il arrive dans la ville de V à 22h30 et là il dort dix minutes sur un parking devant la gare.

Le train de Samantha arrive à 22h50.

Ernesto et Samantha roulent en direction de U et de H avant de rejoindre la forêt et la ferme et le dortoir au dernier étage de la ferme pour les apprenti.e.s de l’amour où Ernesto et Samantha s’endorment sous leur couette en plumes d’oie avec l’amour chaud dans la ferme au cœur de la forêt.

Ernesto et Samantha arrivent à la ferme vers minuit.

Avant cela Ernesto et Samantha font un détour par le bar de l’épicerie du bar du village et quand Ernesto et Samantha poussent la porte du bar de l’épicerie du bar Ernesto et Samantha voient qu’il y a un groupe réuni — à l’intérieur du bar.

Les personnes constituant le groupe réuni se retournent quand nous entrons.

Suspension de leur conversation et de leurs paroles supposons-nous et conséquemment silence.

Sommes-nous suspectes arrivant de nuit sans être connues d’aucun ni d’aucune d’entre elles peut-être.

Guillermo n’est pas là mais nous connaissons le chemin qui va jusqu’à la ferme et nous empruntons le chemin dans la nuit qui rejoint la ferme et.

Quand Ernesto et Samantha poussent la porte de la grande pièce de la ferme avec une cheminée il y a dans la grande pièce à côté du feu Lio qui est en train de lire un livre sur son petit ordinateur portable.

On parle un peu avec Lio, peu.

On rejoint le dortoir.

On se chauffe d’amour sous les plumes d’oie de la couette dans la ferme des cailloux.

On s’installe dans le noir et on fait de la lumière sous les plumes avec l’amour qui chauffe.

Première nuit.
 
 
 
 
 
20 décembre 17

Le matin devant la cheminée il y a Sofi.

Pour Ernesto et Samantha c’est la première journée à l’école des apprentis de l’amour révolutionnaire — ou : école de l’amour révolutionnaire, ou : école de l’amour, ou : amour.amitié.ou.et.encore.autre.chose.

Il n’y a pas de cours et pas de professeurs dans cette école de l’amour et aujourd’hui on se retrouve dans une bibliothèque.

L’école de l’amour révolutionnaire a lieu n’importe où : dans des bibliothèques, dans des bars, des épiceries, des cités dortoirs ou en flammes, des forêts — si possible pas en flamme — , ailleurs, partout, n’importe où.

Aujourd’hui à l’école de l’amour révolutionnaire de la forêt il y a un monsieur qui semble être là depuis plus longtemps que nous autres et à qui nous donnons une place d’autorité à moins qu’il ne la prenne tout seul sans la vouloir ou alors sans savoir qu’il la veut ou bien sans parvenir à ne pas la prendre bien que croyant ne pas la vouloir.

Dans la bibliothèque il y a Lio qui parle des jeux comme de rituels sociaux et intimes et collectifs.

Il y a Guillermo qui parle de trucs que la science ne peut pas expliquer et il emploie le mot magie faute de mieux dit-il en associant le mot magie au mot rigolo — la dernière fois il avait associé le mot champignon au mot rigolo — et alors il parle de comment une femme qui vit dans la forêt te touche le doigt et c’est ton pouls qu’elle touche et elle te recontacte un trauma mon gars tu comprends pas ce qui t’arrive mais en fait, si, tu comprends très bien que tu recontactes un trauma.

Il y a Fleur, qui parle de l’impossibilité d’être là aujourd’hui mais qui nous donne rendez-vous ce soir à l’apéro, et, demain elle nous parlera de santé mentale, astrologique et physique et des âmes et des larmes.

Il y a Albin, qui ne parle pas car il ne peut pas rester, donc il ne parle pas et il part sans parler hormis pour dire qu’il part.

Il y a Victoria qui ne parle non plus pas mais qui reste.

Il y a Françoise qui pose souvent des questions et qui note les références de tous les livres dont les titres sont prononcés et qui énoncent des titres de livres qu’elle a lus — et pas seulement.

Il y a Nolwen, qu’on voit trente secondes devant l’épicerie et c’est tout.

Il y a Jane qui parle d’un pote à elle qui s’appelle Maxime et ensemble avec une troisième amie tous les trois travaillent et cherchent et commencent à chercher et à travailler avec les réalités pratiques des diverses aspects des… masculinités : hégémoniques, complices, subordonnées et marginalisés, et, Ernesto se dit qu’il en faudra au moins une cinquième de masculinité sinon ça va pas le faire.

Il y Judith et Clément et Clément qui parlent peu à voix haute car Judith et Clément et Clément ont des préoccupations relatives à un autre projet proche et connexe à l’école de l’amour révolutionnaire mais la proximité et les connexions entre l’école de l’amour — que l’on pourrait désormais nommer Écl’Ar — et l’autre projet — que l’on pourrait nommer par exemple CraCh! — sont telles pour eux trois que Judith et Clément et Clément préfèrent s’en parler pour l’heure non-stop en exclusive version télépathique 24/24.

Il y a Antoine qui parle de l’éducation populaire.

Il y a Johannes qui est très doux.

Il y a des filles et des gars qui viennent de Bordeaux et qui débitent en planches et en poutres à la scierie de la ferme des arbres de la forêt toute la journée et le soir à la ferme ils font à manger pour tous et toutes et il y a Angie qui raconte les traversées de l’atlantique qu’elle a fait en bateau-stop et là dans la forêt elle n’a qu’une envie c’est de reprendre la mer en même temps elle semble très heureuse aussi ici.

il y a Ernesto qui prononce le mot masculinités — pour lui-même, toutes les cinq minutes — et à chaque fois avec un peu moins de difficulté qu’il y a un mois après l’avoir entendu prononcé pour la première fois et avoir commencé à le prendre en bouche à défaut de le cerner en pensée se disant que la prise en bouche pouvait constituer une première approche d’amour.

Il y a Samantha qui rédige mentalement des synthèses relatives aux discussions auxquelles elle a participé pendant la journée car rédiger mentalement des synthèses l’aide à vivre et à aimer.

Il y a Sofi qui a un gros classeur gris avec toute sa mémoire traduite en documents papiers et le classeur est très gros et il est bon pour la mémoire mais il peut servir aussi pour te rehausser sur une chaise si tu trouves que l’assise de la chaise est trop basse

Voici. Quelques éléments d’une première journée à l’école de l’amour révolutionnaire.
 
 
 
 
 
21 décembre 17

Fleur parle du corps et de la santé du corps — dans la bibliothèque de la forêt.

Gregory parle d’auto-confrontation croisée — dans la bibliothèque de la forêt.

Ernesto parle du flux rss — races, sexes, socius — dans la bibliothèque de la forêt.

Jane et Fleur et Julia parlent d’un groupe mixte de femmes : « viens en femme, garçon, viens avec en toi ta conscience de femme, viens avec l’idée que tu te fais et de ce que c’est que d’avoir une conscience, et de ce que c’est que d’être une femme ».

Pour sa recherche en masculinité.s, loups&loupes, loops, loupings et louves, Ernesto notre dans son carnet écl’ar : « et en homme, pour moi Ernesto, ce serait quoi, venir en homme, venir avec en moi ma — ma ? — conscience d’homme, l’idée que je me fais : et de ce que c’est que d’avoir une conscience, et de ce que c’est que d’être un homme ».

Jane reparle de son pote Maxime et de leur amie et d’une base de données, d’une plateforme que tous les trois évoquent à mettre en place, pour documents et recherches en masculinité.s.ou.autre.mot.

Il y a des pommes de terre épluchées, lavées, coupées, cuites à la poêle,

et des poireaux coupés et cuisinés

chez Guillermo.

Il y a des légumes cuisinés à Nantes avant-hier et pour partis mangés pendant le trajet d’avant-hier, et, le reste dans une boite en plastique, amené jusque dans la cuisine de chez Guillermo, puis déposé dans un plat.
 
 
 
 
 
22 décembre 17

Antonio, Guillermo, Fleur, Ernesto, Florence, Samantha, Sofi. C’est quoi l’école de l’amour révolutionnaire ?

Dans une bibliothèque puis dans une autre. Dans la forêt. Dans une ferme. Dans un hall d’immeuble. Dans le hall d’une fac. Dans un château occupé. Dans un squat. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est vivre l’éducation populaire. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est ne pas à nouveau en arriver au constat que les chercheuses et les chercheurs, quel que soit leur domaine de recherche, ont cherché chacun dans leur coin, et ont été neutres — ni pour, ni contre — pendant la progression constante — et : en accélération constante — de la destruction des relations vivables vivantes. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est un truc fun et intello. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est retrouver son corps, c’est-à-dire retrouver l’accès aux relations dans son corps autant que les possibilités de relation de nos corps avec la terre, avec le cosmos ma sœur et avec tout ce avec quoi relation est possible — reclaim peut se traduire par se réapproprier. L’école de l’amour révolutionnaire. Ce n’est pas l’école des questions abstraites. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est avec des questions de vécus. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est l’école des désirs, exigeants, immenses, de chacune. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est l’école des désirs qui se forment en s’énonçant, deviennent sous nos yeux des formes de la réalité. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est la magie de l’oralité autant que les réalités de l’épuisement dans la multiplicité des propositions énoncées. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est l’école où se demander comment agencer une somme non arrêté de désirs vivants, vibrants. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est une des raisons pour laquelle ce blog est anonyme car les mots ci-dessus, ci-dessous, ne sont ni d’un seul ni d’une seule. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est la possibilité d’un commun sans propriété individuelle. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est quelque chose d’une honte à défaire : celle d’une trahison par le savoir, celle de la trahison d’un savoir qui sépare et hiérarchise et nous mutile. L’école de l’amour révolutionnaire. C’est une école des questions et de la mise en relations des questions. Par exemple, « telle colère en nous fera-t-elle l’économie de la destruction de cela dont elle est la conséquence ? », « telle colère en nous trouvera-t-elle des armes pour la déconstruction de ses causes ? », « quelles relations entretiennent intrinsèquement ou pas déconstructions et destructions » « que signifie terreur ? ».

Puis, chez Samira, Judith et Clément parlent de CraCh ! à Ernesto. « En fait tu vois mon obsession de me mettre en relation avec des gens que l’on ne côtoie pas a priori, que je ne côtoie pas a priori, et, ou, qui ne font pas partie de « notre milieu », et, quand tu dis que c’est un faux problème que de poser ce problème, poser ce problème c’est le créer, eh bien en fait je suis en train de me dire que c’est exactement la même chose que lorsque toi tu te focalises sur le fait d’enregistrer ou pas ou de garder des traces ou non de tel ou tel moment, pour moi, ça c’est tout sauf un problème, et de le souligner, de le poser comme problème, et là, c’est toi qui le produit, le problème, alors c’est intéressant, parce que ça veut dire, tiens, ça, c’est des problèmes qui nous importent ». Et dans la cuisine, à la ferme, on fait réchauffer à manger. Ernesto, Samantha, et Sofi. À 21h00 avec Fleur et Amour et Françoise, ils se retrouvent chez Guillermo et dans son carnet de l’Écl’ar, Ernesto note : « agencement et métamorphose », « co-métamorphose de la rencontre réussie », « scalabilité = reproductibilité à grande échelle, chaîne de sous-traitance à l’infini », « provincialiser l’europe », « édition amsterdam », « couper tous les liens → conséquence → production d’aliénation → conséquence → l’objet devient une marchandise », « séparation producteur / produits, c’est la mort du corps sans organe », « le corps sans organe est un des noms de l’autonomie », « hylémorphisme = faire plier le réel à l’idée → conséquence → ça permet, ça accompagne → toute scalabilité », « nastassia martin » , « bruno latour », « rené guénon », « crachons sur hegel », « carla lonzi », « la horde d’or » , « tim ingold », « faire et agir », « deligny », « monchoachi contre édouard glissant » ,« penser avec donna haraway », « le champignon de la fin du monde », « le monde des frontières paresseuses s’effondre », « groupe modernité / colonialité ». Une bibliographie.
 
 
 
 
 
23 décembre 17

journée à G

rejoignons à la tombée de la nuit le village la maison de Guillermo y retrouvons Fleur

Fleur, Ernesto, Estella, au bar du village

Estella feuillette longuement un livre d’astrologie

Estella lit le livre d’astrologie se dit Ernesto considérant le temps qu’Estella passe sur chaque page

Kivan arrive avec Jean-Michel, ils prennent un alcool fort chacun

soirée chez Fleur

Estella lit deux poèmes du cycle amour-école de l’amour révolutionnaire, l’un est sous-titré en toute subjectivité jusqu’à ce jour, l’autre est sous-titré synthèse de vos paroles camarades

Ernesto lit quatre poèmes du cycle amour-école de l’amour révolutionnaire dont les titres sont les prénoms de qui a dit les paroles camarades à partir desquelles les quatre présents poèmes sont écrits : Antonio, Fleur, Florence, Guillermo,

Fleur lit un poème du cycle amour-école de l’amour révolutionnaire dont le titre est attention petit lapin ne te connecte pas à la wifi de la forêt ici tous les phacochères sont fichés F
 
 
 
 
 
24 décembre 17

Kivan le matin alors que nous sommes encore dans le lit demande si nous voulons du café

nous buvons du café dans la grande pièce du bas avec Kivan

nous parlons mdma, philosophie à l’école, et ébénisterie

Kivan raconte une blanche de vois aux belles nervures qu’il sauva un jour du feu

à midi nous quittons la ferme je serre fort Fleur dans mes bras

la route est sous le soleil est tout est beau et bon des ces jours vécus en forêt nous sommes libres comme si la famille chrétienne était absente de nos corps et de tous les corps

nous passons non loin des territoires où les corps de la famille chrétienne dont je suis le fils unique venu sur terre pour sauver la race

fêtent la venue du sauveur

lorsque nous passons non loin de ces territoires géographiques rien de la famille chrétienne ne m’atteint

la famille chrétienne m’atteint plus tard lorsque la nuit tombe et que la nécessité de consolation de l’enfant non émancipé en moi a toute l’étendue de la nuit pour étaler son corps non consolé et l’espace de la nuit est trop vaste pour un corps non émancipé

me revient la phrase de Guillermo « nous vivons un changement de paradigme — paradigme signifie « représentation du monde » c’est étrange ces mots que l’on utilise et qui font peur dans les forêts noires et sombres d’avant le temps des lumières —, nous vivons un changement de représentation du monde et c’est toute la page de la chrétienté qui se retourne »

il dit retourne, oui

pour lutter comme ils peuvent contre la chrétienté quelque soit son état de retournement et contre le besoin de consolation impossible à rassasier d’Ernesto précisément, Adèle et Ernesto déménagent entre 21h00 et minuit les affaires d’Adèle d’un 13m² dans le 3° arrondissement vers un 21m² dans le 11° en buvant du gin tonic à tous les étages,

c’est tout,

 
 
 
 
 

25 décembre 17

gina est la fille d’olivier et de perrine qui tous les soirs lui racontent la suite des aventures du cheval-possibilité

olivier nous prête Le champignon de la fin du monde

c’est tout,

 
 
 
 
 

26 décembre 17

on apprend la mort du grand-père de Anne

je fais visiter une chambre de 13 m² dans le 3° arrondissement

the kem che n’est pas le nom de la nouvelle personne qui dormira dans cette chambre

je passe du brou de noix afin de redonner des couleurs au parquet de la chambre

je fais quelques courses dans un supermarché simply

nous faisons un picnic à même le plancher d’un 21 m² dans le 11° arrondissement

ce n’est pas tout mais quant à ce qui sera noté ici ce le sera
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

novembre 17

 
 
 

1er novembre 17

Ce jour, La France bascule dans l’état d’urgence permanent — c’est le titre d’un article de Mediapart.

Genres, races, classes sociales, seraient les catégories majeures du classement de l’humanité. Donc : de l’organisation de sa domination. Catégories trop rigides. Rigides forcément, puisque catégories. Catégories majeures, de plus, donc excluant quelles catégories pensées mineures. Trop binaires, chacune, en chacune d’elles-même.

Ernesto, 10 ans et 17 secondes, se souvient de la remarque de Farouk dans le rayon « anthropologie de l’enfance internationale », au C.D.I du Lycée Blaise Pascal de Garche-les-Gonesse : « le collectif commence à trois ». Ernesto avait pensé « trinité de l’émancipation — ah ah », mais il n’avait rien dit.

Aujourd’hui, « dans mon bureau d’homme adulte en construction », pense-t-il — attention : c’est le bureau, qui est en construction, le mot adulte est ici employé pour troubler qui peut être troublé par son emploi ; chaque trouble, se dit Ernesto, nous intimant à travailler la question qui le provoque ; oh ! Ernesto — , dans son bureau d’homme adulte en construction, donc, Ernesto retrouve quelques notes griffonnées sur un papier lors d’un week-end en bocage, l’an dernier : du sang de la chique ou du mollard — sur l’adn.

Par ailleurs, qui est Jeannie Mazurelle ? Il y a une place à La Roche sur Yon, à qui a été donné le nom de cette femme dont l’existence sur Internet — suite à une première recherche rapide — n’apparaît pas.
 
 
 
 
 
2 novembre 17

Race, classe, genre. Ernesto, 10 ans, 17 jours et 3 ou 6 secondes, comptant encore son âge et luttant encore contre la momo.point.rt ou comprenant une fois, une fois encore, l’expression vivre n’est rien d’autre qu’apprendre à mourir ou accepter la mort ou apprendre à habiter le temps — le quoi ? — durant les jours et les années avant la mort matérielle, c’est-à-dire : Ernesto complétement paumé dans son éthique attitude avec Baba et Gilou en maîtres ignorants préférés, complétement paumé Ernesto incapable ce jour de reconvoquer une phrase par exemple de Baba qui dit tout le contraire de ces trucs là ci-dessus : Éthique, partie IV, De la servitude humaine, Proposition 67 : L’homme libre ne pense à rien moins qu’à la mort et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie. Et. Mais. Bon. Aujourd’hui. Donc. Dans cette désorientation certaine, Ernesto continue de découvrir sa nouvelle pas neuve trinité. Race, classe, genre. Il la découvre non qu’il n’en connaissait l’existence. Il la découvre en éprouvant la puissance des interrelations de dominations formées par classe-genre-race. Intersectionnalité est un mot bien trop de l’université pour Ernesto. Les premières passeuses vers la question raciale et de genre, car oui ce sont des femmes qui parlent, ces premières passeuses, pour Ernesto, sont Houria Bouteldja et Maboula Soumahoro. Il retrouve également Isabelle Stengers. Il note, écoutant Houria Bouteldja et Isabelle Stengers lors d’une rencontre filmée et ici en ligne, il note dans son carnet des mancipatios : la non-innocence, décoloniser la pensée, on ne fait pas semblant de se décoloniser, il faut que les difficultés que l’on rencontre elles vous atteignent et elles vous transforment, l’amour révolutionnaire.

Comment — et pour ici qu’importe comment — Ernesto découvre l’existence de Võ Nguyên Giáp.

Une fois encore sachant d’une certaine manière ce qu’il lui doit Ernesto pense à Che Guevara.

En réponse à la mort d’Ernesto Che Guevara, le 6 octobre 1967 — Éthique, partie IV, De la servitude humaine, Proposition 67 : L’homme libre ne pense à rien moins qu’à la mort et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie — , Josefa Josefa et Ramon Ramon font l’amour dans les vignes aux alentours de Chantelle mais également sur le plateau de Gergovie et sur quantité d’autres lieux qui seront ici ou ailleurs un jour nommés ou tus en d’autres occasion, ils font l’amour, de jour et de nuit jusqu’à fertilisation du corps fertilisable selon les lois biologiques naturelles en cours. Conception d’Ernesto.

Concept.

Ernesto note :

 

Ernesto découvre Wikimonde et se demande c’est quoi Wikimonde ?

« … et dimanche dernier ce jour où nous visitâmes en bande cet endroit je me rends compte à l’instant que c’était le 29 octobre et je souviens des rdv des 29 dans le salon ici à nantes et je me dis que tiens… les 29, le printemps 2016, poésie civile, et tant d’autres moments, et là, maintenant… »

le matin très tôt je traque au raccourci-clavier « ctrl + f » les occurrences du mot « joie » dans les pdf que j’ai de deleuze et de deleuze et guattari ainsi je commence la rédaction de l’article « joie » pour un dico-deleuze

je vais me recoucher une heure je un quart d’heure quand je redescends j’ai un message enregistré sur la boite vocale de mon téléphone portable, jécoute, c’est une voix de machine lointaine et pourtant je ne sais comment je comprends que c’est une information à écouter, c’est en effet sérieux, et bienvenu, c’est une information de la banque populaire qui me signifie que notre compte n’est pas suffisamment approvisionné pour le prélèvement mensuel relativement à notre crédit alors je vais déposer quatre chèques à la banque, ils nous seront pour les mois qui viennent plus utiles à la banque que l’un sur cette planche en bois à côté du radiateur dans le salon, ou un autre scotché au mur dans le bureau côté ou celui-ci que je fais pour l’occasion, un gros chèque et ça y est je n’ai plus de trésor caché, avec le dépôt de ces quatre chèques-ci le crédit est assuré jusqu’en juin et si mon dossier de résidence est accpeté à Bourges avec l’argent octroyé mensuellement le crédit est assuré tranquille jusqu’à la fin 2019 indépendamment de ce que tu pourrais mettre comme argent ou pas, oui ainsi ce serait vraiment tranquille comme perspective pour l’argent me dis-je nous dis-je

Rencontre-discussion avec Houria Bouteldja et Isabelle Stengers :
 

 
À 40 minutes, Stengers évoque Starhawk et les Navarro, une lutte pour et avec les Navarro, le point de jonction possible, quel est-il, suis-je descendante des sorcières ou des chasseurs de sorcières, se demande Starhawk. En tant que descendante des sorcières je peux faire alliance avec les Navarro. En tant que quoi je peux faire alliance avec les nègres, les arabes ? Et, Guattari, notre triple ravage écologique : de l’environnement, des mentalités individuelles, et des productions sociales collectives. Se situer comme héritier.e.s d’un ravage, d’une humiliation : possibilité d’alliance.

Décryptage de Ce soir ou jamais par Houria Bouteldja, Maboula Soumahoro, Nacira Guénif-Souilamas :
 

 
Eric Fassin, Politique du genre et démocratie sexuelle – Séminaire IGEP du 15 octobre 2013 :
 

 
Christine Delphy, Le féminisme matérialiste :
 

 
Elsa Dorlin,
 
 
 
 
 
3 novembre 17

marché le matin c’est un vendredi

un musicien guitariste improvise dans une maison non loin du bar les sales gosses

des ami.e.s de G et C

une amie de G et C

elle dit ah mais enfin quand même l’école pour l’éducation c’est important pour les enfants pour que les enfants puissent entrer dans le système

je dis ah

l’amie de G et C et moi sourions ah

oui faut-il encore pour cela souhaiter leur entrée dans

le système les enfants l’éducation et

le système

et aussi

ce serait quoi visite-la-zad.com ?
 
 
 
 
 
4 novembre 17

Le soir Ernesto mange des légumes avec son copain Arno autour d’une table basse. Tous les deux parlent de science-fiction. Arno est fan de science-fiction. Ernesto se souvient d’une émission qu’il a écouté il y a quelques jours sur la radio de la France Culture, une émission scientifique où il était question d’intelligence artificielle et de voitures autonomes. Ça lui a fait bizarre le mot « autonome » ainsi utilisé. Ernesto en science-fiction il y connaît rien. Il prend des notes de choses que son copain Arno lui dit à propos de science-fiction et de réalités contemporaines liées à la science et qui si elles furent d’un imaginaire de science-fiction sont aujourd’hui d’une réalité de science-présent.

. Siri est une application informatique de commande vocale qui comprend les instructions verbales données par les utilisateurs et répond à leurs requêtes.
. https://fr.wikipedia.org/wiki/Siri_(logiciel)
. Une planète tellurique (du latin tellus, « la terre, le sol »), en opposition aux planètes gazeuses, est une planète composée essentiellement de roches et de métal qui possède en général trois enveloppes concentriques (noyau, manteau et croûte).
. https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan%C3%A8te_tellurique
. Elon Musk
. Photoshop et Loréal sont les noms de deux divinités.
. Chappie est le titre d’un film
. Transcendance est le titre d’un film — avec Johnny Depp.
. La cité des permutants est le titre d’un roman
. Le rapport à la mort dans la Silicon Valley est le titre d’un opuscule également connu sous ce titre, plus long, « Le programme de la secte de la Silicon Valley est le suivant : comment faire disparaître la mort »
. Jocelyne Porcher
. Steve Hawking
. Claude Hagège
. La terraformation
. Une voiture autonome
. Une intelligence autonome
. Le mot « singularité » employé pour désigner « un lieu où les lois de la physique connue ne sont pas [plus] respectées ». Un trou noir est une singularité. En physique, une singularité gravitationnelle est un point spécial de l’espace-temps au voisinage duquel certaines quantités décrivant le champ gravitationnel deviennent infinies. En mathématiques, une singularité est un point où un objet mathématique n’est pas bien défini : par exemple, une valeur où une fonction d’une variable réelle devient infinie ou encore un point où une courbe a plusieurs tangentes. En futurologie, la singularité technologique est un point hypothétique de l’évolution technologique. La singularité technologique est l’hypothèse que l’invention de l’intelligence artificielle déclencherait un emballement de la croissance technologique qui induirait des changements imprévisibles sur la société humaine. Au-delà de ce point, le progrès ne serait plus l’œuvre que d’intelligences artificielles, ou « supraintelligence » qui s’auto-amélioreraient — de nouvelles générations de plus en plus intelligentes apparaissant de plus en plus rapidement, créant une « explosion d’intelligence » créant finalement une puissante superintelligence qui dépasserait qualitativement de loin l’intelligence humaine.
. Un trou noir est une singularité.

Puis, Ernesto solo regarde « Ce soir ou jamais sur l’antiracisme, décryptage de l’émission » , par Houria Bouteldja, Maboulo Soumahoro, Nacira Guénif »

Maboulo Soumahoro parle de Rokhaya Diallo.
 
 
 
 
 
5 novembre 17,

« Quand des gens suivent Foucault, quand ils sont passionnés par lui, c’est parce qu’ils ont quelque chose à faire avec lui, dans leur propre travail, dans leur existence autonome. Ce n’est pas seulement une question de compréhension ou d’accord intellectuels, mais d’intensité, de résonance, d’accord musical. Après tout, les beaux cours ressemblent plus à un concert qu’à un prêche, c’est un solo que les autres « accompagnent ». Et Foucault faisait des cours admirables. »
 
 
 
 
 
10 novembre 17.

Une centaine d’élus, maires, parlementaires, conseillers municipaux, départementaux et régionaux LR, Union des démocrates et indépendants (UDI), MoDem et Front national (FN), manifestent aujourd’hui devant la mairie de Clichy-la-Garenne..
 
 
 
 
 
22 novembre 17.

les fées spinoza, une fée, des fées, ce soir, fée maboula soumahouro, conatus, effort.s, persévérance.s,